Une étoile verte contre le débat sur la laïcité et l’islam

POLÉMIQUE e collectif Banlieues Respect veut distribuer un badge aux Musulmans de France...

Gilles Wallon

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Abderrahmane Dahmane, ancien conseiller technique chargé de l'intégration auprès de Nicolas Sarkozy, pointe du doigt une étoile verte lors d'une conférence de presse à la Grande Mosquée de Paris, le 29 mars 2011. Il appelle les musulmans à faire de même afin de dénoncer le débat sur la laïcité.
Abderrahmane Dahmane, ancien conseiller technique chargé de l'intégration auprès de Nicolas Sarkozy, pointe du doigt une étoile verte lors d'une conférence de presse à la Grande Mosquée de Paris, le 29 mars 2011. Il appelle les musulmans à faire de même afin de dénoncer le débat sur la laïcité. — G. FUENTES / REUTERS

Pour dénoncer le débat sur la laïcité et l’islam organisé mardi par l’UMP, le collectif Banlieues Respect veut faire porter une étoile aux musulmans des «quartiers» de France. Une étoile verte, à cinq branches, sans référence à l’étoile juive mais plutôt «aux cinq piliers de l’islam», explique Hassan M’Barek, porte-parole du collectif, qui dit regrouper environ 80 associations de quartier. «On va distribuer cette étoile dans une centaine de quartiers. On va demander aux gens de la porter, de la garder. On en a marre de cette islamophobie ambiante.»

La première distribution a eu lieu ce lundi soir, à la cité du Luth, à Gennevilliers , dans les Hauts-de-Seine. Hassan a réuni quelques jeunes adultes, entre 25 et 30 ans. «L’islamophobie, ça date pas d’aujourd’hui», pense Karim, 26 ans. «Ces sujets reviennent toujours avant les élections. Mélanger religieux et laïcité, c’est pas ça la laïcité!» Bilal acquiesce: «C’est parce que 2012 approche. La dernière fois, c’était l’insécurité, cette fois c’est les musulmans.»

«Pointer du doigt un faux problème»

Tous prennent l’étoile, l’accrochent à leur blouson. «S’ils ne la gardent pas longtemps, c’est pas grave», commente Rachid, 31 ans, un membre de Banlieues Respect. «Tout ce qu’on veut, c’est pointer du doigt un faux problème.»

Les jeunes de la cité du Luth ne semblent pas vraiment s’intéresser au débat sur la laïcité. «Ils ont d’autres préoccupations, rappelle Rachid. C’est normal, quand on est complètement délaissés par les pouvoirs publics.»

Le 12 mars dernier, un habitant de leur cité a tué à coups de couteaux un jeune de la cité des Courtilles, dans la ville voisine d’Asnières. Depuis, la police a envahi le quartier. Ses résidents se sentent stigmatisés, une fois de plus. «Quand on regarde les médias, c’est comme si tout le quartier avait tenu le couteau», s’énerve Mourad, 32 ans. «Il y a toujours une minorité qui grille tout le monde», regrette Karim. Banlieues Respect compte distribuer des étoiles vertes «pendant trois ou quatre mois».