43% des Français pensent que les conditions de vie en banlieue se sont dégradées

SOCIETE Près de la moitié des Français pensent que les conditions de vie dans les quartiers sensibles se sont dégradées...

Anne-Laëtitia Béraud

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La trêve hivernale des expulsions, qui débute samedi soir, va apporter un répit de quatre mois et demi pour des milliers de personnes, dans un contexte de crise du logement et d'une application difficile du droit au logement opposable (Dalo).
La trêve hivernale des expulsions, qui débute samedi soir, va apporter un répit de quatre mois et demi pour des milliers de personnes, dans un contexte de crise du logement et d'une application difficile du droit au logement opposable (Dalo). — Bertrand Guay AFP/Archives

Ils sont 43% à penser que la situation se détériore: Ce sont les résultats d’un sondage Ipsos/France Bleu, d’après une enquête réalisée auprès de plus de 1000 personnes. 

Principaux enseignements de ce sondage: Cinq ans après les émeutes de 2005 et malgré la mise en place du Plan espoir banlieues depuis 2008, quatre Français sur dix (43%) ont le sentiment que depuis quelques années, les conditions de vie (logement, sécurité, emploi) dans les quartiers sensibles se sont dégradées. Parmi eux, 16% estiment même que les choses se sont beaucoup dégradées ; 11% estiment au contraire que la situation s’est améliorée ; 42% pensent qu’elle n’a pas vraiment changé.

 En revanche, les premiers intéressés, à savoir les habitants des quartiers sensibles, portent un regard un peu plus nuancé que leurs compatriotes. Ils sont 32% (contre 43% des Français) à considérer que la situation s’est dégradée, 18% (contre 11% des Français) perçoivent même une amélioration. Au final le sentiment que la situation n’a pas vraiment changé prédomine parmi les habitants des quartiers sensibles (43%), un constat similaire à celui dressé par l’ensemble de la population nationale

De plus, lorsque l’on demande aux Français quelles mesures devraient selon eux être mises en place en priorité pour améliorer les choses dans les quartiers sensibles, deux se dégagent assez nettement, à savoir favoriser l’installation d’entreprises qui embauchent dans ces quartiers (44%) et améliorer le système éducatif (36%)

Invités à désigner le parti politique qui leur semble le plus à même d’agir efficacement en faveur des quartiers sensibles, les sondés livrent une réponse sans appel: un Français sur quatre (23%) et même un tiers des habitants des quartiers sensibles (35%) renvoient toutes les formations politiques dos à dos et ne se prononcent en faveur d’aucune d’elles.