Jeune lynché à Noisy-le-Sec: Deux nouvelles interpellations

ENQUETE Les jeunes appréhendés ont été reconnus sur les vidéos...

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La gare RER de Noisy-le-sec, dans laquelle un jeune homme a été lynché samedi 2 avril dans la soirée, photographiée le 3 avril.
La gare RER de Noisy-le-sec, dans laquelle un jeune homme a été lynché samedi 2 avril dans la soirée, photographiée le 3 avril. — Sébastien Orola / 20Minutes

Dix personnes, en majorité des mineurs, ont été interpellées ce lundi matin dans une cité de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) après le passage à tabac samedi à Noisy-le-Sec d'un jeune homme, toujours entre la vie et la mort, dont ils ne supportaient pas la liaison avec une fille de leur quartier.

Une première vague de huit interpellations a eu lieu à 6h dans la cité du Bois-Perrier de Rosny-sous-Bois, grâce à l'exploitation des images de vidéo-surveillance de la gare RER de Noisy-le-Sec, théâtre de la très violente agression du garçon de 19 ans par une dizaine de personnes, selon une source policière.

Une «agression sauvage» selon Guéant

Les jeunes appréhendés - sept mineurs et un huitième tout juste majeur - ont été reconnus sur les vidéos par des policiers de Rosny. Deux autres jeunes, dont un mineur de 14 ans, ont été également interpellés un peu plus tard dans la matinée.

Dénonçant dès dimanche matin une «agression sauvage», le ministre de l'Intérieur Claude Guéant avait réuni le préfet de police de Paris Michel Gaudin et le directeur général de la police nationale Frédéric Péchenard. Il avait exigé que «tous les moyens soient mis en oeuvre», dont «l’exploitation rapide des images de vidéo protection» de la gare.

Lundi, l'état de santé de la victime, originaire de Sartrouville (Yvelines), était stationnaire avec un «pronostic vital engagé», selon la préfecture de la Seine-Saint-Denis, confirmant les informations données dimanche par l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Une histoire de coeur

Le père de la victime, Mamadou Thiam, se montrait lui plus optimiste sur l'antenne de RTL, affirmant que son «fils va beaucoup mieux, le médecin qui le suit ne m'a donné que de bonnes nouvelles».

L'enquête, confiée à la sûreté territoriale de Seine-Saint-Denis, s'oriente vers une histoire de coeur, motif déclencheur du passage à tabac du jeune samedi vers 20h dans un couloir de la gare de Noisy-le-Sec, en présence de sa petite amie.

«Les agresseurs seraient des jeunes d'une cité de Rosny-sous-Bois (la cité de Bois-Perrier) qui n'auraient pas supporté de croiser l'une des filles habitant le même quartier qu'eux fréquenter un jeune de Sartrouville», a expliqué à l'AFP une source proche de l'enquête. «Il est très probable que la jeune fille connaissait les agresseurs», a ajouté cette source. La jeune femme, choquée, devait de nouveau être entendue par les policiers.

Une identité de quartier surévaluée en Ile-de-France

«C'est vraiment n'importe quoi», a commenté une source policière, «d'autant qu'il n'y a pas vraiment de rivalité marquée entre Sartrouville et Rosny-sous-bois». Pour le responsable du syndicat de police USGP-FO de la Seine Saint-Denis Michel Marrec, «c'est une affaire de jeunes de cité qui n'ont pas grand-chose dans le cerveau».

Pour des sociologues, ce nouveau fait divers, après des rixes entre des bandes d'Asnières et de Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine, s'apparente à un nouvel épisode de rivalités entre jeunes de cités de la banlieue parisienne. «Il y a une identité du territoire très forte (...) en Ile-de-France car dans cette région, il n'y a pas d'identité régionale comme on peut en trouver à Marseille. Il y a donc une identité de quartier qui est surévaluée», explique le sociologue Marwan Mohammed. «Il y a toujours une rivalité entre cités, quelles que soient les cités», a expliqué une source policière. Mais avant il y avait des motifs bien précis, maintenant c'est pour n'importe quoi».

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