Les professionnels de la justice manifestent ce mardi à Paris pour réclamer un plan d'urgence

COLÈRE a fronde des magistrats se poursuit depuis l'affaire Laëtitia...

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Les professionnels de la justice vont manifester ce mardi après-midi à Paris pour réclamer un «plan d'urgence», un mois et demi après une fronde sans précédent déclenchée par leur mise en cause dans l'affaire Laetitia. Les manifestants, réunis à l'appel de 26 organisations syndicales et professionnelles, ont prévu de se regrouper à 14h place Saint-Michel, près du Palais de justice de Paris et de se rendre aux Invalides.

Une délégation doit être reçue à l'Assemblée nationale et y faire valoir les revendications des magistrats, greffiers, avocats, éducateurs, etc. Des «états des lieux» rédigés par certains tribunaux, notamment Paris, Lille, Créteil, pourraient être remis aux parlementaires, sortes de «cahiers de doléances» du monde de la justice. Les syndicats ont également appelé à la grève, tandis que certaines assemblées générales ont voté dès lundi le renvoi des audiences non urgentes dans certaines juridictions.

Michel Mercier promet des «moyens nouveaux» et des «mesures d'urgence»

Dans une interview publiée ce mardi par Ouest-France, le ministre de la Justice Michel Mercier a promis des «moyens nouveaux» pour accompagner de nouvelles réformes, en plus des «mesures d'urgence» qu'il avait annoncées le mois dernier. 485 nouveaux emplois (magistrats, greffiers, éducateurs) s'ajouteront aux 400 vacataires «prévus sur le terrain dès le mois d'avril», a-t-il expliqué.

La Chancellerie a pris soin de mettre en avant ces derniers jours l'augmentation constante du budget de la Justice (près de 60% depuis 2002), dans un contexte particulièrement contraint. Mais ses arguments n'ont pas convaincu les syndicats, dont certains estiment à «deux milliards d'euros de plus par an, pendant dix ans» les sommes nécessaires pour mettre la justice française «au niveau des grandes démocraties».

La justice, scandalisée d'avoir été mise en cause par Nicolas Sarkozy

La manifestation de ce mardi, qui a été précédée d'actions locales, fait suite au mouvement de protestation qui avait agité durant deux semaines en février le monde de la justice, scandalisé d'avoir été mis en cause par Nicolas Sarkozy dans l'affaire Laetitia.

Après le meurtre de la jeune fille de Pornic (Loire-Atlantique) attribué à un délinquant multirécidiviste, des enquêtes internes n'avaient finalement pas révélé de faute des juges. Elles avaient constaté une série de problèmes, attribués plus particulièrement aux services pénitentiaires d'insertion et de probation (SPIP) et à leur manque de moyens.