Violences à Asnières: Un dispositif pour les «décrocheurs scolaires»

ÉDUCATION 'État veut aider les élèves en difficulté qui ne causent aucun trouble à l'ordre public...

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Un élève de 16 ans d'un collège d'Asnières (Hauts-de-Seine) a été condamné mercredi par le tribunal pour enfants de Nanterre à deux mois de prison avec sursis pour avoir donné des coups de poing à une surveillante en cours.
Un élève de 16 ans d'un collège d'Asnières (Hauts-de-Seine) a été condamné mercredi par le tribunal pour enfants de Nanterre à deux mois de prison avec sursis pour avoir donné des coups de poing à une surveillante en cours. — Jack Guez AFP/archives

La secrétaire d'Etat à la Jeunesse Jeannette Bougrab a annoncé ce lundi la mise en place d'un dispositif visant «les décrocheurs scolaires», en marge des récentes violences entre bandes à Asnières et Gennevilliers (Hauts-de-Seine).

L'Etat veut soutenir les élèves en difficulté

Ce dispositif, qui sera mené «au laser», a pour objectif d'identifier les élèves qui ne sont plus scolarisés, renvoyés régulièrement de leur établissement ou exclus de toute formation, et leur désigner un tuteur chargé de trouver, dans «la caisse à outils de l'Etat», un débouché, selon Jeannette Bougrab.

Cible principale de cet accompagnement: les «jeunes qui tiennent les murs» et qui ne «tombent pas dans ces situations par désir ou par envie». Toutefois, l'Etat ne laissera pas tomber «ceux qui sont en difficulté mais qui ne causent aucun trouble à l'ordre public», a affirmé Jeannette Bougrab. Une nuance importante, selon le maire d'Asnières (PS) Sébastien Pietrasanta qui estime qu'il ne «faut pas donner le sentiment qu'on donne une prime pour les jeunes délinquants». Les parents seront également associés à ce système de tutorat.

Conviés par Jeannette Bougrab, les maires des deux communes, Sébastien Pietrasanta (PS) et Jacques Bourgoin (PCF) se sont félicités de cette initiative, se disant «preneurs de toute action positive» dans leurs quartiers. «En tant que maire, nous devons pousser les politiques publiques mais cela ne règle pas le problème de fond qui est le chômage», concède Jacques Bourgoin.

Un décision qui fait suite aux violences des jeunes

Dans la nuit du 12 au 13 mars, Samy, un Asniérois de 15 ans avait été blessé mortellement à l'arme blanche dans une rixe entre des jeunes de la cité du Luth à Gennevilliers, et du quartier des Courtilles à Asnières. Son décès avait été suivi de plusieurs agressions dont deux à l'arme blanche visant des jeunes hommes.

Un couvre-feu interdisant la circulation aux mineurs non accompagnés dans les quartiers limitrophes d'Asnières-sur-Seine et Gennevilliers (Hauts-de-Seine) avait été décrété dans la foulée et prolongé jusqu'au 31 mars.