Benoît XVI appelle les Français à «faire tomber les barrières de la peur de l'étranger»

RELIGIONS Dans un message vidéo diffusé sur grand écran sur le parvis de Notre-Dame de Paris...

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Le pape Benoît XVI au Vatican, le 10 janvier 2011.
Le pape Benoît XVI au Vatican, le 10 janvier 2011. — GALAZKA / SIPA

Le pape Benoît XVI a appelé vendredi soir les croyants et non-croyants réunis sur le «Parvis des Gentils» devant Notre-Dame de Paris à «faire tomber les barrières de la peur de l'autre, de l'étranger».

Dans son message vidéo retransmis sur grand écran, Benoît XVI a souligné que «la peur de celui qui ne vous ressemble pas naît souvent de l'ignorance mutuelle, du scepticisme ou de l'indifférence».

Un message qui fait écho aux inquiétudes des responsables religieux de France, face à ce que nombre d'entre eux qualifient de «stigmatisation des musulmans» au sein notamment de l'extrême-droite, mais pas seulement.

Débat sur la laïcité

Plusieurs centaines de personnes étaient réunies sur le parvis pour une soirée culturelle, première édition du «Parvis des Gentils» lancé à l'initiative du Vatican pour favoriser le dialogue entre croyants et non-croyants.

«Beaucoup reconnaissent qu'ils n'appartiennent pas à une religion, mais désirent un monde neuf et plus libre, plus juste et plus solidaire. Il vous appartient de faire que dans votre pays et en Europe, croyants et non-croyants retrouvent le chemin du dialogue», a déclaré Benoît XVI.

«Les religions ne peuvent avoir peur d'une juste laïcité, d'une laïcité ouverte qui permet à chacun et à chacune de vivre ce qu'il croit, en conformité avec sa conscience», a-t-il poursuivi, alors que le débat sur la laïcité et l'islam du 5 avril suscite une vive tension en France.

«S'il s'agit de bâtir un monde de liberté, d'égalité et de fraternité, croyants et non-croyants doivent se sentir 'libres' de l'être, 'égaux' dans leurs droits de vivre leur vie personnelle et communautaire en fidélité à leurs convictions», et ils doivent être «frères» entre eux.

«Resserrer les liens avec les jeunes»

«L'une des raisons d'être de ce Parvis des Gentils, c'est d'oeuvrer pour cette fraternité au-delà des convictions, mais sans en nier les différences», a insisté le pape.

«Devenez attentifs à resserrer les liens avec tous les jeunes sans distinction, a-t-il lancé, en n'oubliant pas ceux qui vivent dans la pauvreté ou la solitude, ceux qui souffrent du chômage, traversent la maladie ou se sentent en marge de la société».

Benoît XVI a rappelé que l'image du Parvis des Gentils «rappelle cet espace ouvert sur la vaste esplanade proche du Temple de Jérusalem, pour permettre à toutes celles et à tous ceux qui ne partageaient pas la foi d'Israël de s'approcher du Temple et de s'interroger sur la religion».