Le Sifrol a «complètement transformé» son mari

SANTE Dominique raconte son cauchemar après que son mari s'est vu prescrire un médicament anti-Parkinson...

A Nantes, G. F.
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Le Sifrol est similaire au Requip.
Le Sifrol est similaire au Requip. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Le calvaire de Didier Jambart n'est pas isolé. Le mari de Dominique a vécu le même à partir de février 2009. Son neurologue lui avait alors doublé ses doses de Sifrol, un médicament de la même famille que le Requip, pour cacher les derniers symptômes de sa maladie de Parkinson.

«Ça l'a complètement transformé», se souvient son épouse de 59 ans. Cet ouvrier de 45 ans commence en effet à jouer sur Internet, et, surtout, à devenir «hypersexuel». «Je passais ma vie au lit pour le satisfaire, mais ça ne lui suffisait pas», raconte Dominique. «Il couchait à droite et à gauche, il s'exhibait sur Internet devant des femmes... J'ai même acquis la conviction qu'il se prostituait.»

Dominique, à bout de nerfs, obtient alors du neurologue qu'il arrête le traitement de son mari. «Pire qu'un alcoolique sans sa bouteille», celui-ci se pendra à un arbre quelques semaines plus tard, en septembre 2009.

«Mon mari n'aurait jamais dû se tuer, sanglote aujourd'hui la quinquagénaire. Je tiens le neurologue pour responsable de sa mort: jamais il ne nous a prévenus des effets secondaires du Sifrol.»

L'addiction au jeu et au sexe avaient pourtant été spécifiée dans le Vidal, le «dictionnaire du médicament», en 2005 et 2008, selon le laboratoire qui le commercialise. «Nos visiteurs médicaux en parlaient aussi aux médecins... Après, tout médicament a ses effets secondaires. Nous faisons en sorte que son bénéfice soit supérieur au risque.»