Tout n'est pas rose pour l'union de la gauche

matthieu goar

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Les dirigeants du Front de gauche sont très énervés par Europe Ecologie.
Les dirigeants du Front de gauche sont très énervés par Europe Ecologie. — C. VOISIN / 20 MINUTES

« C'est le pire qui pouvait arriver. » Hier soir, François Delapierre, un des proches conseillers de Jean-Luc Mélenchon, n'en pouvait plus de la tambouille politique qui agite la quarantaine de cantons où deux candidats de gauche s'affrontent au second tour. Traditionnellement, le candidat le moins bien placé se retire. Mais Europe Ecologie a déclenché « une guerre civile », selon Mélenchon interviewé sur Europe 1. « Comme nous l'avions annoncé, nous nous sommes maintenus dans les 37 cantons face à un autre candidat de gauche. Quelle vision de la démocratie aurait-on donné sinon ? », explique Jean-Vincent Placé, l'un des dirigeants d'Europe Ecologie. Une vision pour le moins idéale. Car, dans de nombreux cantons, l'heure est encore au marchandage, malgré la fin des enregistrements en préfecture. A Montreuil et Saint-Denis, les écologistes négocient ainsi directement avec le PC pour ne pas avoir à s'affronter. Idem dans d'autres cantons avec les socialistes. Une ambiance délétère qui pourrait avoir des conséquences dans les mois qui viennent. « Les partis ne maîtrisent rien. La négociation est à la carte. La logique du rassemblement de la gauche est considérée comme acquise, mais elle est très fragile », explique un dirigeant du Front de gauche.