Pièces de carrosserie: Le monopole des constructeurs fait monter les prix

CONSOMMATION Selon un rapport publié mardi par l'UFC-Que Choisir...

Gilles Wallon

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En Allemagne ou en Espagne, les pièces sont proposées en moyenne 35% moins cher qu'en France.
En Allemagne ou en Espagne, les pièces sont proposées en moyenne 35% moins cher qu'en France. — SICHOV / SIPA

Le monopole des constructeurs automobiles sur les pièces de carrosserie coûte très cher aux conducteurs français, a dénoncé mardi l'UFC-Que Choisir, qui vient de publier un rapport sur le secteur.

En France, contrairement à ses voisins, le marché des pièces de carrosserie n'est pas libéralisé. Renault, Peugeot ou Volkswagen sont les seuls à produire et à distribuer les pièces de remplacement pour leurs modèles. Une absence totale de concurrence qui fait grimper les tarifs, accuse l'UFC-Que Choisir. «Les prix des pièces de carrosserie ont augmenté de 26% entre 2005 et 2010, alors que les prix à la consommation n'ont varié que de 7,6 %», observe l'association de consommateurs.

35 % moins cher ailleurs

En Allemagne, ou en Espagne, les pièces de constructeurs indépendants sont proposées 35% moins cher en moyenne, «pour une qualité équivalente», assure l'UFC-Que Choisir. Certains écarts sont plus importants: «Un pare-chocs de Peugeot 206 est facturé 217 euros en France, alors qu'une pièce équivalente coûte 46 euros en Belgique», détaille Edouard Barreiro, chargé de mission concurrence à l'association.

«En général, on change une pièce après un accident, poursuit-il. Comme c'est l'assurance qui paie, le consommateur ne se soucie pas du prix. Cela se répercute pourtant sur eux, via la prime d'assurance.» Tous les conducteurs, victimes d'accidents ou non, sont donc concernés.

La France fait barrage

Le monopole français sur les pièces de carrosserie est une exception en Europe. La plupart des pays de l'Union ont récemment modifié leur législation. La Commission européenne avait proposé une directive en 2004, votée par le Parlement mais bloquée en Conseil des ministres «sous la pression de la France», selon l'UFC-Que Choisir.