Affaire Dany Leprince: Le parquet demande la révision du procès

JUSTICE Décision le 6 avril...

Avec Reuters

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Dany Leprince quitte la maison centrale de Poissy, le 8 Juillet 2010, en compagnie de sa nouvelle épouse, Béatrice.
Dany Leprince quitte la maison centrale de Poissy, le 8 Juillet 2010, en compagnie de sa nouvelle épouse, Béatrice. — AFP/BORIS HORVAT

Le parquet général de la Cour de cassation a demandé ce jeudi la tenue d'un nouveau procès de Dany Leprince, condamné à perpétuité en 1997 pour un quadruple meurtre survenu en 1994 dans la Sarthe. La décision a été mise en délibéré au 6 avril.

Seulement 8 révisions accordées

L'avocat général a également demandé la réouverture de poursuites dans l'affaire qui pourraient viser l'épouse de Dany Leprince, Martine Compain. Si la Cour de cassation, qui siègera comme Cour de révision, accepte cette demande, ce serait la neuvième fois qu'une telle procédure de révision criminelle aboutirait en France.

En juillet 2010, Dany Leprince a déjà bénéficié d'une suspension de peine et a été libéré après 16 ans de détention, sur décision de la commission de révision des condamnations pénales, une instance de la Cour de cassation. Il est toujours sous le coup d'une condamnation à perpétuité avec une période de sâreté de 22 ans prononcée pour les meurtres, en septembre 1994 à Thorigné-sur-Dué (Sarthe), de son frère Christian, son épouse Brigitte et de leurs deux filles Sandra, 10 ans, et Audrey, six ans. Seul le troisième enfant, une fillette de deux ans, avait été épargné.

Aucune preuve matérielle

Après avoir avoué le seul meurtre de son frère lors de sa garde à vue, puis devant un juge, dans des déclarations contestées et aussitôt rétractées, Dany Leprince a ensuite toujours clamé son innocence. Aucune preuve matérielle n'a pu être apportée à l'appui de ces déclarations. Les empreintes digitales et génétiques relevées sur les lieux du crime ne correspondant pas à celles de Dany Leprince.

Plusieurs éléments nouveaux sont présentés, notamment des doutes apparus concernant les dépositions de Martine Compain et le fait qu'un couteau saisi à son domicile pourrait avoir servi au massacre. Lors d'une expertise psychiatrique nouvelle ordonnée sur Martine Compain, cette dernière a déclaré: «Je me demande si je n'ai pas fait quelque chose. J'ai peut-être tué quelqu'un, je l'ai dit à mon avocate».