Le nombre de diabétiques explose en France

Ingrid Gallou

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Le chiffre de 3,5 millions de malades aurait dû être atteint en 2016.
Le chiffre de 3,5 millions de malades aurait dû être atteint en 2016. — GUSTAFSSON/LEHTIKUVA OY/SIPA

« L'épidémie silencieuse du XXIe siècle. » L'expression choisie par Serge Halimi, coauteur du Livre blanc du diabète présenté aujourd'hui, n'aurait pu être mieux choisie. La France, qui en une décennie a vu son taux de prévalence quasiment doubler, compte 3,5 millions de malades. Un chiffre que l'on ne pensait atteindre qu'en 2016. En un quart de siècle, la maladie a progressivement franchi les frontières des pays riches pour atteindre tous les pays du monde : Moyen-Orient, Maghreb et même Afrique noire. A eux seuls, des pays comme la Chine ou l'Inde comptabilisent chacun 60 à 70 millions de diabétiques.

Pas tous égaux devant le diabète
Si une bonne part de la maladie découle de l'allongement de l'espérance de vie et du vieillissement naturel de la population, la progression de l'épidémie tient également beaucoup au changement de notre mode de vie. « C'est la capacité des populations à survivre en temps de disette qui s'exprime dans cette maladie », analyse Serge Halimi. Autrement dit, les mêmes qui devaient chasser et parcourir des kilomètres pour s'abreuver sont depuis devenus sédentaires. Leur alimentation, en revanche, n'a cessé de s'enrichir : plus de viande et de corps gras. Dans cette plongée dans un nouveau mode de vie, nous ne sommes pourtant pas tous égaux. Plus on est pauvre et plus on a tendance à être touché par le diabète. L'est et le nord de la France concentrent ainsi plus de cas que l'Ouest. Les îles, elles aussi, pâtissent d'un taux de prévalescence plus élevé, à l'image de La Réunion ou de la Guadeloupe. Avec à la clé de sérieux risques sanitaires. Le diabète, rappelle Serge Halimi, est responsable d'un infarctus et d'un accident vasculaire sur quatre. Il est aussi la première cause d'amputation des orteils et des membres inférieurs, et joue un rôle dans la perte d'acuité visuelle. « En l'absence de réponse coordonnée, poursuit-il, la prévalescence pourrait dépasser les 10 % et jusqu'à 25 % sur certaines classes d'âge. »