Guy Orsoni: «Je ne suis pas un tueur et encore moins un exécuteur en série»

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Guy Orsoni, interpellé vendredi à Madrid après une cavale d'un an et demi et soupçonné de meurtres en Corse, clame son innocence et réfute l'image de «chef de bande» véhiculée selon lui par la police, dans un entretien publié ce dimanche dans le quotidien Corse-Matin. «Je suis innocent! (...) Je ne suis pas un tueur et encore moins un exécuteur en série», affirme le fils du président du club de football d'AJaccio (L2) et ancien dirigeant nationaliste Alain Orsoni, dans cet entretien réalisé pendant sa cavale.

Il explique avoir choisi la fuite pour «simplement éviter de tomber dans un guet-apens judiciaire» et précise qu'il était absent de son domicile lorsque la police est venue l'interpeller en juin 2009. «J'avais l'intention de me présenter, mais lorsque j'ai vu qu'on gardait mon père et pourquoi on le gardait, j'ai compris que les dés étaient pipés», indique-t-il. Guy Orsoni, âgé de 26 ans, est soupçonné d'avoir participé, dans le cadre de règlements de comptes à Ajaccio et sa région en 2009, à quatre assassinats, dont celui d'un pompier de 36 ans, Thierry Castola, à Bastelicaccia (Corse-du-Sud).

Son père, Alain Orsoni, 56 ans, a été mis en examen en juin 2009 dans cette affaire pour association de malfaiteurs et a été remis en liberté en avril 2010 après une grève de la faim de 36 jours. «La justice a un vieux compte à régler avec la famille Orsoni, j'en fais aujourd'hui les frais, nous en faisons tous les frais», dénonce Guy Orsoni. «La police et la Juridiction interrégionale spécialisée de Marseille (Jirs, chargée des dossiers de grand banditisme) ont décidé avant même de m'entendre que j'étais coupable. (...) Les jeux sont faits, je n'ai pas confiance en cette justice», ajoute-t-il.

En fuite depuis juin 2009, il se trouvait dans une boutique à Madrid lorsqu'il a été interpellé vendredi par des policiers espagnols et des Français de la Brigade des fugitifs dépendant de la Direction centrale de la police judiciaire. Les fonctionnaires de police agissaient sur la base d'un mandat d'arrêt européen émanant de Montpellier. Guy Orsoni devrait prochainement être extradé vers la France et présenté d'ici un mois environ à un juge d'instruction de la Jirs, Claude Choquet.