Les deux détenus revendiquant la paternité de la fille de Rachida Dati jouent la provocation jusqu’au bout

JUSTICE La présidente du tribunal a renvoyé l’audience au 20 juin prochain pour «des raisons strictement procédurales»...

William Molinié
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POL EMILE/SIPA

Audience surréaliste ce vendredi après-midi au tribunal correctionnel de Versailles (Yvelines). Deux détenus, revendiquant la paternité de la fille de Rachida Dati, comparaissaient pour «outrage sur personne de l’autorité publique». Les deux hommes, incarcérés à la prison de Poissy, avaient envoyé deux courriers en septembre 2010 à la député européenne UMP et maire du 7e arrondissement de Paris dans lesquels ils déclaraient être les pères de Zohra Dati et réclamaient un droit de visite sur l’enfant. Une boutade que l’ancienne Garde des Sceaux n’avait pas appréciée.

Alfredo Stranieri, 54 ans et Germain Gaiffe, 43 ans, sont entrés en roulant des mécaniques dans le box. Le premier, condamné en 2004 pour deux doubles meurtres à perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans, était vêtu d’un gilet sans manche. Sur ses bras dénudés, il avait écrit au marqueur noir «Escroc du siècle». Le second, sur son torse, que l’on devinait sous un t-shirt échancré et flottant, «Père de Zohra».

Il déchire son tee-shirt à l’audience

Un autre détenu de la centrale de Poissy, absent à l’audience mais représenté par son avocat, a fait savoir qu’il se constituait partie civile, aux côtés de Rachida Dati, au motif qu’il serait le parrain de sa fille, née le 2 janvier 2009. Une information démentie par l’avocat de Rachida Dati, Olivier Metzner. «On a déjà deux pères, ce qui est scientifiquement impossible. On ne va pas quand même se retrouver avec toute la centrale de Poissy. Car des parrains potentiels, on en a une multitude. Et ensuite, ce seront les femmes de la maison d’arrêt de Poissy car on va bien trouver des marraines», a ironisé Me Metzner, répondant à la défense qui demandait un renvoi du procès pour des questions de procédures.

« Espèce de connard », a répondu Alfredo Stranieri à Me Metzner, lorsque ce dernier a évoqué son passé judiciaire, et notamment sa tendance à s’inventer des vies. Surnommé le «Coucou», il s’installait dans la maison de ses victimes et s’appropriait leur identité après les avoir éliminées.

En fin d’audience, son compère, Germain Gaiffe, s’est lui aussi illustré en déchirant son tee-shirt, laissant apparaître sur son torse nu en lettres capitales l’inscription «Père de Zohra». «Pour qui tu te prends? Ce sont des pratiques nazies», s’est-il alors adressé au procureur de la république, lui reprochant d’avoir ordonné au directeur de la prison de Poissy de lui voler son sweet-shirt noir qu’il portait à la précédente audience et sur laquelle était marqué en lettres dorées «Père de Zohra». «Je lui pisse à la raie», a-t-il renchéri, ce qui lui a valu d’être expulsé de la salle. «Notez tout ça, Madame la greffière», a conclu la présidente du tribunal. Le procès a été renvoyé, pour la seconde fois, au 20 juin prochain.

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