La méphédrone est vendue entre 10 et 17 euros le gramme sur Internet.
La méphédrone est vendue entre 10 et 17 euros le gramme sur Internet. — A. RAIN/SIPA

STUPÉFIANTS

Drogues de synthèse: Un marché en pleine expansion

CPP, méphédrone, cannabinoïdes de synthèse… Entre 2009 et 2010, 42 substances psychoactives ont été répertoriées en Europe. Le business des drogues de synthèse est en pleine expansion...

Le 8 février dernier, les douaniers de l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry mettaient la main sur 54 kilos de 4-methylmethcathinone : Un stupéfiant  dont les effets sont proches de l’ecstasy.  Cette saisie, d’une valeur de 5 millions d’euros, confirme l’arrivée croissante des drogues de synthèses sur le territoire français. Le développement de ce commerce est rapide et les quantités interceptées ne sont pas négligeables : 15 kg de méthamphétamine en 2010 contre 100 grammes en 2009. Si l’essor de ce commerce est réel en France, il reste encore relatif en comparaison à d’autres pays d’Europe. En Angleterre par exemple, la méphédrone est le 4ème stupéfiant le plus consommé. Les drogues de synthèses ont aussi investi des pays comme la Pologne ou la République Tchèque.   
Contrairement aux drogues végétales  (haschich, opium) ou semi-synthétiques (héroïne, LSD), ces substances psychotropes sont entièrement créées en laboratoire sous la forme de comprimés ou de poudre. Fabriquées  en Chine, au Mexique ou en Europe de l’Est, elles sont principalement écoulées en Europe, en Amérique du Nord et en Asie.  Les drogues de synthèses préoccupent de plus en plus les pouvoirs publics. Il est difficile d’endiguer le phénomène, les chimistes modifiant la structure moléculaire du produit lorsqu’il est prohibé. De nouvelles drogues alimentent ainsi régulièrement le marché. Quelques mois après son interdiction,  la méphédrone réapparaissait sous une forme identique mais licite révèle Le Figaro.

Des effets dangereux pour la santé

Les drogues de synthèses sont avant tout utilisées comme désinhibant. C’est ce que nous explique Etienne Apaire, le président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) : «Ces drogues sont des empathogènes qui favorisent le contact et l’euphorie.» Leurs effets secondaires sont pourtant légions et souvent méconnus du grand public. «En réalité, personne ne sait ce qu’il prend, les gens ne savent pas ce qu’ils avalent. En sniffant ou en ingurgitant ces produits, on risque des tachycardies et une augmentation de la nervosité.  A long terme la consommation régulière explose le cerveau comme des popcorns ; on joue à la roulette russe»  poursuit Etienne Apaire.

Internet offre un avantage certain aux trafiquants

Dans cette course-poursuite que se livrent pouvoirs publics et «drug designers», Internet offre un avantage certain à ces derniers.  Il n’est pas  difficile de se fournir ces stupéfiants sur la toile. Les effets des produits sont expliqués sur les sites et en un clic, un internaute lambda peu s’en procurer.  Ce commerce est discret et ce malgré les moyens de surveillances mis en place sur la toile. Ces drogues sont également faciles à fabriquer. En consultant certains sites, n’importe qui peut trouver la «recette» d’un produit et jouer au petit chimiste pour le fabriquer lui-même. «Nous allons prendre des initiatives pour que les internautes détectent ces produits, une cyber surveillance doit se mettre en place» nous indique Etienne Apaire. 
En moyenne le cachet se vend 5 euros, mais il peut s’écouler à 400 euros.