Les deux assassins qui se rêvaient en amant de Dati vont être jugés

JUSTICE Stranieri et Gaiffe sont jugés ce vendredi pour «outrage»...

Matthieu Goar et Vincent vantighem

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Rachida Dati, à la centrale de Poissy.
Rachida Dati, à la centrale de Poissy. — WITT / SIPA

«Ma cliente ne sera pas à l'audience. Elle ne veut pas être confrontée à ces gens-là», explique Olivier Metzner, avocat de Rachida Dati. Ces gens-là, ce sont Alfredo Stranieri et Germain Gaiffe, deux des assassins les plus violents de ces quinze dernières années. Ce vendredi, ils comparaissent devant la 6e chambre correctionnelle de Versailles pour «outrage». Depuis des mois et du fin fond de leur cellule, ils revendiquent tous les deux être le père de la fille de l'ancienne garde des Sceaux.

L'énième vie du «Coucou»

L'affaire remonte à septembre 2010. Stranieri, condamné à la perpétuité pour avoir tué et enterré dans des jardins quatre personnes, et Gaiffe, trente ans de prison pour avoir tué et démembré un homme, postent tous deux, de la prison de Poissy, une lettre identique adressée à la mairie du XVIe arrondissement de Paris. Ils y clament être le père de la fille de Rachida Dati et joignent une déclaration de paternité. Prévenu par les services pénitentiaires, le parquet décide de se saisir de l'affaire et de les poursuivre pour «outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique». Rachida Dati se constitue alors partie civile. «C'est une question de principe. Imaginez que sa fille découvre cette histoire plus tard. On ne peut pas laisser passer ça», poursuit Me Metzner.

Lors d'une audience, Gaiffe se montre provocateur en portant un pull où est inscrit: «Je suis le père de Zohra». Interrogés, les deux hommes expliquent alors avoir partagé un moment d'intimité dans une pièce avec la ministre venue visiter leur prison en décembre 2007, plus d'un an avant son accouchement. Une histoire d'hurluberlus qui correspond bien à la personnalité de Stranieri. Arrêté en 1999, «le tueur aux petites annonces» était aussi surnommé «le Coucou». Après avoir éliminé ses victimes, il s'installait dans leurs meubles et s'appropriait leur identité. Enfermé, Stranieri continue à s'inventer des vies.