Le peuple juif pas responsable de la mort de Jésus, affirme le Pape

RELIGION Avec le deuxième tome de son Jésus de Nazareth, qui sort ce jeudi en sept langues, Benoît XVI exonère le «peuple» juif de la responsabilité dans la mort de Jésus...

Anne-Laëtitia Béraud

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Le pape Benoît XVI au Vatican, le 10 janvier 2011.
Le pape Benoît XVI au Vatican, le 10 janvier 2011. — GALAZKA / SIPA

L’Eglise catholique a, pour la deuxième fois de son histoire, rejeté la thèse d’une responsabilité collective du peuple juif dans la mort du Christ. Dans un livre publié ce jeudi et intitulé Jésus de Nazareth (tome 2), le Pape Benoît XVI repousse ce concept, une position déjà adoptée par l’Eglise catholique dans les années 1960.

Ce livre signé Joseph Ratzinger, deuxième tome d’une trilogie débutée en 2007, retrace l’épisode de la Passion, c’est-à-dire le retour de Jésus à Jérusalem jusqu'à la Résurrection. Présenté mercredi au siège de la Conférence des évêques de France à Paris, il mêle réflexions historiques et théologiques, insistant sur certains points de la doctrine catholique. Mais c’est un passage qui a focalisé les commentaires.

Rejet du racisme

A la question: «Qui étaient précisément les accusateurs» du Christ? Benoît XVI écrit que l’évangéliste Jean note «les Juifs». Le Pape estime que cette réponse «n'indique en aucune manière le peuple d'Israël comme tel», mais «a une signification précise et rigoureusement limitée» à «l'aristocratie du Temple (…) et qu’elle a encore moins un caractère raciste». 

Cette position est la réaffirmation d’une déclaration adoptée à l'issue du concile de Vatican II, en 1965, position immédiatement saluée par Israël et les mouvements juifs. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a adressé, la semaine dernière, une lettre à Benoît XVI dans laquelle il le félicite «d'avoir rejeté avec force (…) cette fausse accusation qui a servi de fondement à la haine du peuple juif pendant de nombreux siècles». 

Cette déclaration ouvre un nouveau chapitre dans les relations avec la communauté juive. Celles-ci avaient été dégradées avec la réintégration dans l’Eglise catholique de l’évêque négationniste britannique Richard Williamson, un acte qui avait déchaîné la polémique. 

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