Service civique: «Ma mère est super fière que j'aide les autres et moi, ça me fait plaisir!»

VOLONTARIAT Un an après la création du service civique, des jeunes témoignent de leur expérience pour «20 Minutes»...

Ingrid Gallou
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Ces jeunes volontaires vont passer neuf mois ensemble.
Ces jeunes volontaires vont passer neuf mois ensemble. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Ils s’appellent Emré, Pablo, Honorine, Katiana, Tess et Mathieu. Ils ont entre 20 et 25 ans et vont passer ensemble 9 mois ensemble. Ils étaient étudiants, en recherche d’emploi, à la croisée des chemins,  pourtant, ils ont tous choisi de faire une parenthèse dans leur vie pour entamer un service civique avec l’association Unis-cité.

Autant pour «aider les autres», «s’engager» ou «connaitre l’envers du décor de la société», que pour enrichir leur CV, changer de voie ou prendre le temps de la réflexion. Mais c’est surtout  en quête de sens que sont partis ces jeunes.

Des missions variées

Les voici donc dans la première communauté fondée par l’abbé Pierre, quand il eu l’idée en 1947 d’acheter à Neuilly Plaisance une maison pour loger les sans-abris, à percer, peindre et dessiner. Leur mission? Construire des ateliers de jeux pour le festival Passeport pour le monde, dans la peau d’un migrant, organisé ce mois ci dans la ville par Emmaüs.

«Le lien avec les compagnons, souvent en situation de grande précarité, ne s’est pas créé immédiatement, explique Adrien Nourissier, coordinateur de l’équipe, mais ils sont désormais ravis de toute cette jeunesse.»

Quelques semaines plus tôt, c’est au contact de familles issues de l’habitat social de Drancy qu’ils étaient allés. D’abord pour leur permettre de faire des économies sur leurs factures. Mais aussi pour rétablir un  lien social entre des personnes bien souvent isolées.

«Pas réservé aux carrières sociales»

Devant le réflexe de méfiance de la population, les jeunes volontaires ont du ruser et déployer des trésors d’imagination. Communication au sein de la ville, sensibilisation dans les écoles, porte à porte avec les gardiens… De quoi alimenter leurs CV et les conversations avec les employeurs lors de leurs futurs entretiens d’embauche.

Car pour leur coordinateur, «le service civique n’est pas réservé aux carrières sociales, il est profitable à tous, quel que soit le projet professionnel». Ces jeunes volontaires auront, en tant que pionnier du service civique, une dernière mission à honorer: «promouvoir l’expérience auprès des employeurs pour que tous les patrons sachent ce que c’est». En attendant, Honorine l’affirme: «ma mère est super fière que j’aide les autres et ça me fait trop plaisir!».