Mediator: Servier se dit prêt à indemniser les patients renonçant aux poursuites

SANTE L'UFC Que-Choisir s'est dite «scandalisée» par une telle proposition...

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Une boîte de Mediator, médicament retiré de la vente en novembre 2009 et soupçonné d'avoir causé au moins 500 morts en France.
Une boîte de Mediator, médicament retiré de la vente en novembre 2009 et soupçonné d'avoir causé au moins 500 morts en France. — AFP PHOTO/FRED TANNEAU

Le groupe Servier s'est dit prêt ce mercredi à indemniser des victimes du Mediator qui seraient exclues des procédures légales d'indemnisation, à condition qu'elles renoncent à poursuivre en justice le laboratoire.

L'UFC-Que Choisir s'est pour sa part dite «scandalisée» par une telle proposition.  De plus, l'association «avait demandé à ce que ce soit un fonds qui soit  sous le contrôle de l'Etat,  et là, on se retrouve avec un fonds sous le contrôle de Servier, ce qui  ne nous  va pas du tout», a expliqué Nicolas Godfroy, responsable du département  juridique de l'association. «Il faudrait que ce soit un fonds  indépendant sous contrôle de  l'Etat.»

Un fonds d'indemnisation «complémentaire» par «souci d'équité»

«Les laboratoires Servier assumeront toute leur responsabilité dans le cadre des procédures d'indemnisation rapides mises en place par la loi Kouchner de 2002», écrit le groupe dans un communiqué. Mais, affirmant son souhait de voir «tous les patients ayant subi un préjudice lié à la prise de Mediator» bénéficier d'une indemnisation, le laboratoire propose également de créer un fonds d'indemnisation «complémentaire», pour les patients exclus de la procédure de cette loi.

«Par dérogation au droit commun et par souci d'équité, ce fonds complémentaire indemnisera les patients, même lorsque le Mediator leur a été prescrit en dehors des indications prévues dans l'Autorisation de mise sur le marché», ajoute Servier. Toutefois, précise-t-il, «les personnes qui auront de manière facultative décidé de bénéficier de ce fonds renonceront à toute action judiciaire».

Ce fonds, qui reste soumis à l'aval des ministres de la Justice et de la Santé, bénéficiera d'une «première dotation» de 20 millions d'euros, ajoute Servier. Le Mediator, un médicament destiné aux diabétiques en surpoids prescrit aussi comme coupe-faim, aurait fait en 33 ans de 500 à 2.000 morts, avant d'être retiré du marché français en novembre 2009. Plus de 300 plaintes ont été déposées à Paris dans ce dossier.