Service civique: beaucoup de volontaires, pas encore assez de moyens

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Un an après sa création, le service civique connaît des débuts plutôt prometteurs, avec près de 8.000 contrats, mais les moyens prévus actuellement pourraient ne pas suffire à absorber la demande et à tenir l'objectif de 75.000 missions en 2014.

A fin février, 7.607 jeunes avaient signé un service civique, dont près de 5.400 en 2010, selon l'Agence du service civique. Créé par la loi du 10 mars 2010, le dispositif a remplacé le service civil volontaire, qui, trop complexe et trop méconnu, n'avait pas rencontré le succès.

Si l'on ajoute les jeunes qui avaient signé un "service civil" en 2010 et ceux qui étaient partis en volontariat à l'étranger, l'agence estime que 10.141 jeunes de 16 à 25 ans ont été accueillis en service civique en 2010, pour aider des personnes âgées, des réfugiés en Haïti ou des jeunes en difficulté.

Pour 2011, "l'objectif est d'avoir 15.000 jeunes qui auront signé un contrat", rappelle la secrétaire d'Etat à la Jeunesse Jeannette Bougrab, qui note que le vrai démarrage du service civique a eu lieu à la rentrée de septembre.

Pour Stephen Cazade, président de l'association Unis-Cité, qui accueille 1.300 jeunes en mission, "ça marche, la montée en puissance a été efficace et rapide".

"L'engagement de l'Etat a été bien supérieur" à ce qu'il était avec le service civil, créé après les émeutes de 2005, poursuit-il, en évoquant les près de 40.000 jeunes inscrits sur le site www.service-civique.gouv.fr.

Destiné à remplacer le service militaire, lui même supprimé en 1996, le service civil n'avait guère dépassé les 3.000 volontaires par an.

Les organismes prêts à accueillir des volontaires (ONG, associations, secteur public...) ont quant à eux déjà demandé l'agrément pour 25.000 missions mais, déplore le président de l'agence du service civique Martin Hirsch, l'agence ne peut agréer en 2011 que 15.000 missions et ne peut prendre que 15.000 jeunes en service civique.

"Un jeune en service civique coûte à peu près 9.000 euros par an en année pleine. Avec un budget de 97 millions pour 2011, je dois étaler les missions" de façon à ne pas dépasser le budget, explique l'ancien Haut commissaire aux Solidarités actives qui a créé le dispositif.

Après les 15.000 missions budgétées en 2011, 20.000 le sont pour 2012 et 25.000 pour 2013, regrette Martin Hirsch, qui se demande du coup commment l'on pourra parvenir à 75.000 missions l'année d'après.

Les pouvoirs publics ont toujours l'ambition d'avoir 75.000 jeunes en service civique en 2014, confirme Jeannette Bougrab.

"Plutôt que de mettre le paquet sur 2013, on pourrait faire un rythme plus régulier de façon à tenir l'engagement", en finançant plus de missions dès aujourd'hui, ajoute-t-il.

Autre défi, faire en sorte que le service civique ne soit pas "une parenthèse dans une vie mais une véritable étape vers quelque chose d'autre", explique Mme Bougrab.

Pour y parvenir, elle évoque un décret prochain du ministère de l'Enseignement supérieur pour valoriser le service civique dans les parcours universitaires ou encore des conventions avec une dizaine de grands groupes comme BNP Paribas ou EDF pour qu'elles prennent en compte le service civique dans leurs provessus de recrutement.

Pour Anna Thévenin, 26 ans, son volontariat de six mois au Vietnam dans une ONG a été une "expérience personnelle extraordinaire" mais, de retour en France depuis fin décembre, elle cherche toujours du travail.

Les employeurs ne connaissent pas encore le dispositif mais "ça commence à venir", dit la jeune femme.