Sondages: Sarkozy éliminé du second tour en 2012

POLTIQUE Pour la première fois dans un sondage, Nicolas Sarkozy ne serait pas au second tour de l'élection présidentielle...

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Nicolas Sarkozy lors de son discours sur la Formation et l'emploi à Bobigny (Seine Saint Denis) le 1er mars 2011 
Nicolas Sarkozy lors de son discours sur la Formation et l'emploi à Bobigny (Seine Saint Denis) le 1er mars 2011  — AFP PHOTO POOL PHILIPPE WOJAZER

Pour la première fois dans un sondage, Nicolas Sarkozy serait éliminé dès le 1er tour de la présidentielle où il serait devancé par Marine Le Pen (FN) en tête, et Dominique Strauss-Kahn, ce qui constituerait une réédition du 21 avril 2002, mais à l'envers. Cette étude réalisée par Harris Interactive/Le Parisien à paraître ce mardi constitue le deuxième coup de tonnerre en l'espace de 48 heures, après celui samedi de l'arrivée en tête de la présidente du Front national au 1er tour, dans un sondage, de Harris Interactive/LeParisien, déjà.

Samedi, Marine Le Pen recueillait 23% des intentions de vote, devant Nicolas Sarkozy et Martine Aubry (PS), tous les deux à égalité avec 21%. Cette fois, dans le cas d'une candidature PS de Dominique Strauss-Kahn, candidat non déclaré comme Mme Aubry, mais favori dans les sondages pour défendre les couleurs socialistes, c'est le président Nicolas Sarkozy, à son plus bas niveau de popularité depuis 2007, qui serait éliminé du second tour.

Reproduction du scénario de 2002

Marine Le Pen progresserait d'un point à 24%, suivie de DSK à 23% et Nicolas Sarkozy à 21%. En 2002, le président du FN, Jean-Marie Le Pen, avait été qualifié pour le second tour de la présidentielle face à Jacques Chirac. Lionel Jospin (PS), Premier ministre d'alors, avait été éliminé. Aucun sondage précédent le scrutin n'avait donné la qualification du président FN.

Jusqu'à présent, M. Sarkozy, qui ne dit rien de sa candidature mais dont personne ne doute dans son camp, est présenté comme le «meilleur». Dans une interview ce week-end au Figaro, avant la publication du premier sondage, François Fillon a dit que le chef de l'Etat était «non seulement le seul, mais le meilleur candidat possible». «C’est lui qui rassemble le plus largement possible la majorité (...) Toute autre candidature serait une candidature de division qui ouvrirait un boulevard à la gauche», a ajouté le Premier ministre.

Lundi, François Fillon a fait porter la responsabilité de la montée de Marine Le Pen dans les sondages à la gauche. «L'opposition devait aussi s'interroger sur sa propre attitude et sa propre responsabilité dans cette situation», a-t-il dit, en dénonçant le fait que «depuis 4 ans, jour après jour, avec une violence extrême (...) le Parti socialiste dénigre le président en employant des formules dont les plus récentes sont absolument odieuses».

«Mais qui nourrit le front national»?

Après son sondage détonant de samedi, Harris Interactive avait décidé de lancer une nouvelle enquête, testant cette fois les candidatures DSK et Hollande pour le PS. Dans l'hypothèse d'une candidature de François Hollande, Marine Le Pen recueillerait également 24%, suivie alors de Nicolas Sarkozy (21%) et Hollande (20%).

En campagne à Lille pour les cantonales, Martine Aubry a accusé Nicolas Sarkozy de «nourrir» la montée du FN. «Mais qui nourrit le front national? Ceux qui passent leur temps à parler de la peur de ceux qui sont différents (...) Qui aujourd'hui, fait que des hommes et des femmes se sentent humiliés, abandonnés, oubliés, si ce n'est la politique de Nicolas Sarkozy», a-t-elle lancé.

Sondage «un peu bizarre»

Claude Bartolone (PS) a mis en cause sur I-télé les instituts de sondages: «Les sondages représentent 10% des chiffres d'affaires des boîtes de sondages, mais 90% de leur notoriété. Je ne voudrais pas qu'on joue sur un coup de communication d'une boite de sondage, quelle qu'elle soit, une partie de notre démocratie», a-t-il dit. Le député strauss-kahnien, Jean-Christophe Cambadélis, a «appelé la gauche à la responsabilité», en constatant «la poussée lepéniste». Pour lui, la France est «troublée, inquiète et mécontente» et «le bilan de Nicolas Sarkozy est un désastre».

Qualifiant «d'un peu bizarre» le nouveau sondage, après «le fracas médiatique» du précédent, Stéphane Le Foll, proche de François Hollande, a estimé que face à la montée du FN, le PS «devait définir sa ligne et son projet» et poser la question du «rassemblement de la gauche». Il a jugé que les cantonales des 20 et 27 mars constitueraient «un test électoral» permettant de mesurer la situation.