Le recours à une IVG concerne «15.000» mineures chaque année

SANTE Le professeur Israël Nisand lance un cri d'alarme ce lundi...

C. F.

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Un gynécologue donne une pilule abortive à une jeune fille.
Un gynécologue donne une pilule abortive à une jeune fille. — N. BERMAN / SIPA

Le chiffre n’est pas nouveau mais il progresse. Selon le dernier rapport de l’Inspection générale des Affaires sociales sur la question, paru en octobre 2009, 13.500 mineures ont recours à une IVG chaque année, contre 11.000 en 2002. Israël Nisand, gynécologue obstétricien du CHU de Strasbourg, souligne dans Le Figaro que ce chiffre continue d’augmenter, évoquant 15.000 jeunes filles concernées.

Le professeur profite du colloque organisé ce lundi à Paris sur le droit avortement pour tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme. «Nous n’avons pas fait ce qu’il fallait en terme de prévention face aux adolescentes», lance-t-il au micro d’Europe 1. 

L’éducation sexuelle en milieu scolaire non appliquée 

En cause, notamment, la mauvaise application de la loi prévoyant une éducation à  la sexualité au sein du milieu scolaire. Selon plusieurs observateurs, la circulaire de 2003 instaurant trois séances consacrées à ce sujet chaque année n’est pas respectée.

Israël Nisand plaide par ailleurs pour une contraception gratuite et anonyme pour les moins de 18 ans. «Il y a une aberration: l'IVG est anonyme et gratuite pour les mineures, la pilule du lendemain est anonyme et gratuite pour les mineures mais la pilule contraceptive, non... C'est monstrueux!», faisait-il déjà valoir en septembre dernier, à l'occasion de la Journée mondiale de la contraception.

Le dispositif «Info Ado» nationalisé?

Si une jeune fille de moins de 18 ans veut prendre la pilule sans que ses parents le sachent, «elle ne le peut pas» car «quand elle va à la pharmacie, ça passe par la Sécu des parents», ajoutait-il. Et le spécialiste de vanter les bienfaits du dispositif «Info Ado» qu'il a initié depuis dix ans en Alsace, et qui permet aux mineures de la région de bénéficier de la pilule de manière gratuite et anonyme sur simple ordonnance.

Une initiative soutenue par la députée UMP Bérengère Poletti, qui va proposer, selon Le Figaro, de l’appliquer au niveau national dans un rapport parlementaire prévu au printemps.

Sondage
Selon un sondage OpinionWay réalisé pour le laboratoire Nordic Pharma et publié à l’occasion du colloque qui se tient ce lundi à Paris, 83% des femmes interrogées se disent toujours prêtes à se mobiliser pour défendre le droit à l’avortement.