40% des postes de hauts fonctionnaires pour les femmes

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L'Etat devrait réserver 40% des postes de direction aux femmes dans la Fonction publique, préconise la députée UMP Françoise Guégot dans un rapport remis lundi à l'Elysée à la veille de la journée des femmes. Françoise Guégot se prononce en faveur d'une loi pour contraindre l'Etat à «montrer l'exemple».

«On a une Fonction publique qui est très féminisée, avec près de 60% de femmes, et comme dans le privé, parfois même de façon encore plus flagrante, on se retrouve sur les postes de direction avec une très forte minorité de femmes», a expliqué l'élue de Seine-Maritime à l'AFP en présentant les grandes lignes de son rapport. Les femmes sont en effet largement sous-représentées dans les emplois de direction: 20,3% dans la Fonction publique d'Etat, 18% dans la Territoriale et 40,2% dans les hôpitaux.

Texte présenté au printemps

Jugeant «logique que l'Etat montre l'exemple», Françoise Guégot souhaite imposer des «indicateurs clairs», pour une «évaluation annuelle», permettant de finaliser un objectif «en gros de 40% de femmes à peu près partout pour les cadres supérieurs, la direction, les emplois nommés en conseil des ministres, avec un calendrier qui va s'étaler dans le temps». L'objectif devra être atteint par étapes successives d'ici 2017, comme dans la loi Copé-Zimmermann, adoptée en janvier, imposant progressivement 40% de femmes dans les conseils d'administration des grandes entreprises d'ici 2017.

Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique Georges Tron est favorable à cet objectif de 40%. Dans une interview au Monde, daté de mardi, il se dit «convaincu qu'il faut entrer dans une logique de sanction si l'on veut sortir du domaine incantatoire» en ce domaine. Le secrétaire d'Etat indique que des dispositions législatives pourraient être associées au projet de loi issu des négociations sur les non-titulaires dans la Fonction publique qui s'achèvent lundi, un texte qui devrait être présenté au printemps.

Personne référente chargée du respect de la parité

Françoise Guégot, qui avait dans un premier temps envisagé des pénalités financières, propose désormais de «neutraliser», ce qui revient à la bloquer, une nomination ou une promotion en cas de manquement aux règles sur la parité. Mandatée mi-septembre par le président de la République pour travailler sur les trois Fonctions publique (Etat, Hôpital et collectivités), Françoise Guégot a mené une cinquantaine d'auditions, y compris dans certaines entreprises privées comme l'Oréal ou Accenture.

Evoquant l'Oréal qui offre une promotion à ses salariées de retour de congé de maternité, elle souhaite préconiser «un avancement de carrière» évitant au fonctionnaire d'être pénalisé dans ce cas. La députée suggère plus généralement d'imposer l'organisation de deux entretiens à chaque interruption de carrière, l'un avant le départ, l'autre au retour. Si elle compte sur la loi pour imposer 40% de femmes, elle recommande aussi la négociation locale, avec les syndicats, de «chartes de gestion du temps» visant à concilier vie familiale et vie professionelle, notamment en évitant la spécificité «franco-française» des réunions débutant à 18 heures, qui compliquent la vie de famille.

L'élue propose également de désigner «de façon un peu contrainte» une personne référente dans chaque administration, «des délégués ou des chargés de mission» chargés de veiller au respect de la parité. Se défendant de tout féminisme acharné, Françoise Guégot souligne que le problème est «culturel» et qu'on retrouve «les mêmes constats, les même causes» dans la Fonction publique que partout ailleurs, par exemple le fait que les recruteurs choisissent souvent des employés qui leur ressemblent. «On ne demande pas l'aumône. On ne demande pas de prendre des femmes pour prendre des femmes. On demande simplement (...) que les changements deviennent un outil d'efficacité», affirme l'élue.