Tempête Xynthia: Une semaine après la cérémonie officielle, les familles se recueillent

CATASTROPHE Elles avaient boycotté l'hommage du maire de La Faute-sur-mer...

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J.S.EVRARD / AFP

Les familles touchées par la tempête Xynthia à La Faute-sur-Mer (Vendée) ont organisé ce dimanche leur propre commémoration du drame qui a fauché 29 d'entre eux, une semaine après la cérémonie officielle, boycottée par beaucoup pour ne pas côtoyer le maire de la commune, René Marratier. Vingt-neuf enfants de familles des victimes ont jeté vingt-neuf roses blanches dans la rivière séparant La Faute-sur-Mer de l'Aiguillon-sur-Mer. Puis quelques 400 personnes, en procession, ont jeté à leur tour des fleurs de printemps depuis le pont.

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Alors qu'une petite plaque en mémoire «des 29 victimes de la tempête Xynthia» avait été inaugurée le 27 février par les officiels sur ce même pont, les participants ont dévoilé une autre plaque, bien plus grande, sur laquelle sont inscrits les noms de chacune des victimes. «Nous voulons que cette plaque soit posée sur un véritable mémorial et nous faisons les démarches pour l'obtenir», a déclaré le président de l'Association des victimes des inondations de la Faute-sur-mer et de ses environs (Avif), Yannick Lange.

Les familles «choquées par le manque de compassion du maire»

«Nous avons décidé cette commémoration dès le mois d'octobre et convié toutes les autorités dès ce moment-là. La mairie a commencé à organiser sa cérémonie bien après et les familles ont décidé de la boycotter, choquées par le manque de compassion du maire», a souligné le vice-président de l'Avif Renaud Pinoit.

«Ce ne sont que des gens sincères qui sont là, c'est ce qui nous convient», a déclaré une fille de victime, Mireille Guillet. Le président du conseil régional, Jacques Auxiette, et le maire de L'Aiguillon, Maurice Milcent, ainsi que le vice-président du conseil général de Vendée Dominique Souchet, étaient présents. Les participants ont ensuite rejoint la chapelle Sainte-Thérèse, pour assister à une cérémonie multiconfessionnelle concélébrée par l'imam Kader Bouazza, président de la fédération régionale de la Grande mosquée de Paris pour le Grand ouest et l'abbé Guy Demonchy.

Hommage particulier à la famille Boubaceur

Il s'agissait de rendre un hommage particulier à la famille Boubaceur, qui a payé le plus lourd tribut de la commune à cette tempête: la mère de famille, deux de ses quatre enfants et leur grand-mère ont péri cette nuit-là. «Ils étaient juste venus passer le week-end», a rappelé, très émue, la soeur de Madame Boubaceur, Karima Bargougui.

Les deux religieux se sont inclinés ensemble devant la plaque commémorative avant de lire à deux voix les noms des victimes. La prière musulmane a précédé la prière catholique et à la sortie de l'édifice les deux officiants ont salué côte à côte les familles. Mais une fois réunies pour un déjeuner au Casino de la commune, les préoccupations liées aux suites de la tempête ont repris le dessus.

Une cinquantaine de nouvelles plaintes à venir

«Nous allons comprendre ce qui s'est passé, qui est responsable, nous les ferons juger, nous les ferons condamner, ensemble nous y parviendrons», a déclaré l'avocate des familles de l'Avif, Corinne Lepage, dans une vidéo diffusée avant le repas. Un an après Xynthia, la justice enquête pour établir les responsabilités humaines dans la catastrophe qui a soulevé des questions sur l'urbanisation côtière et la prévention des risques d'inondations.

Aux quarante plaintes avec constitution de partie civile déposées par l'Avif, «une cinquantaine de nouvelles plaintes devraient bientôt être jointes», a annoncé Yannick Lange. Une perquisition a été menée à la mairie de la-Faute-sur-Mer pour saisir des documents d'urbanisme, notamment des permis de construire. Les lotissements submergés par les flots étaient situés au pied d'une digue, au-dessous du niveau de la mer.