Outreau: Lydia Cazin-Mourmand, à la mémoire de son frère

JUSTICE Mis en examen, François Mourmand est mort en prison en 2002 sans avoir été réhabilité...

Vincent Vantighem

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Le frère de Lydia aurait dû être le quatorzième acquitté d'Outreau.
Le frère de Lydia aurait dû être le quatorzième acquitté d'Outreau. — WITT / SIPA

C'est une habitude qu'elle a prise il y a neuf ans. Vendredi, Lydia Cazin-Mourmand devrait se présenter devant la cour d'appel de Douai (Nord) avec un portrait de son frère sous le bras. François aurait dû être le quatorzième acquitté de l'affaire d'Outreau.

Mais, avant même d'être jugé, ce ferrailleur de 33 ans est mort en prison d'une surdose médicamenteuse. Sa sœur continue de se battre pour réhabiliter sa mémoire:  Quand on fait une connerie, c'est normal d'être puni, confie-t-elle. Mais lui n'a rien fait de mal et il a été puni par la mort…»

C'est pour cela qu'elle a fait appel de la décision du juge qui a conclu au non-lieu dans la mort de son frère. «Il a, certes, exclu la thèse du suicide. Mais il a estimé que la faute pénale n'était pas caractérisée, explique Stéphane Wable, l'avocat de Lydia. Pourtant, les prescriptions ont été faites en dépit du bon sens. L'erreur médicale est patente.»

Une procédure exceptionnelle

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Douai va trancher. Elle peut demander un complément d'enquête, voire convoquer un procès pour faire la lumière sur cette affaire.

Quel que soit le résultat, Lydia n'abandonnera pas. Il y a quelques mois, elle a reçu un courrier qui l'a mis hors d'elle. «Les autorités françaises m'ont proposé 5.000€ si j'arrêtais les procédures, s'énerve-t-elle. Mais on n'est pas des mendiants!»

Même si les frais d'enterrement de son frère n'ont pas été pris en charge, ce n'est pas l'argent qui compte le plus pour Lydia. Elle veut surtout obtenir «une réhabilitation à titre posthume». «C'est une procédure exceptionnelle car François Mourmand n'avait pas été condamné…, explique l'avocat. MaisVillepin l'avait promis. Pour le symbole, ils peuvent au moins nous donner un bout de papier…»