Les études sur les risques liés aux édulcorants remises en cause

C. F.

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Illustration aspartame.
Illustration aspartame. — RICHARD B. LEVINE/NEWSCOM/SIPA

Marche arrière sur l’aspartame. Dans un avis publié ce lundi, l’Autorité européenne de sécurité des aliments remet en cause les conclusion de deux études récemment publiées sur les édulcorants chimiques. La première, danoise, concluait que ces derniers pouvaient provoquer des naissances avant terme chez les femmes. La seconde, italienne et menée sur des souris, soulignait un risque accru de cancer du foie et du poumon chez les mâles

A la demande de la Commission européenne, l’Efsa, qui examine régulièrement la question de la sécurité des édulcorants et de l’aspartame, s’était penchée sur ces études, avec l’aide de l’Agence nationale française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Aucune preuve

Concernant la première étude, l’Autorité européenne observe qu’aucune preuve disponible ne permet d'affirmer qu’il existe un lien de causalité entre la consommation de boissons light et l'accouchement prématuré et que, comme l’indiquent les auteurs, des études supplémentaires seraient nécessaires pour confirmer ou pour infirmer ce lien. S’agissant de la deuxième étude, l’Efsa note que les études expérimentales réalisées sur toute la durée de vie des souris pouvaient mener à des conclusions erronées dans la mesure où les animaux plus âgés sont davantage susceptibles de contracter une maladie.  

Les fabricants d’édulcorants chimiques n’ont pour autant pas de quoi se frotter les mains. De nouvelles études pourraient être menées sur l’innocuité ou non de ces produits. Les membres du groupe ANS (groupe scientifique sur les additifs alimentaires et les sources de nutriments ajoutés aux aliments) se prononceront mardi et mercredi sur la nécessité éventuelle d’entreprendre des travaux additionnels en rapport avec ces études.