Xynthia: Il y a un an, la tempête faisait 47 morts dans l'Ouest de la France

CATASTROPHE Elle a soulevé des questions sur l'urbanisation côtière...

© 2011 AFP

— 

R. DUVIGNAU / REUTERS

Il y a un an, dans la nuit du 27 au 28 février, la tempête Xynthia faisait 47 morts, principalement sur le littoral atlantique, une catastrophe nationale qui soulevait des questions sur l'urbanisation côtière et les moyens de prévenir de nouveaux drames. L'effet combiné de vents violents et de forts coefficients de marées entraîne en pleine nuit une brusque montée des eaux le long du littoral charentais et vendéen, surprenant les riverains dans leur sommeil.

>> Tous nos articles sur la tempête Xynthia sont à retrouver par ici

En quelques minutes, les flots envahissent les maisons. Nombre d'habitants se réfugient à l'étage de leur habitation, sur leurs toits ou même dans les arbres, attendant désespérément dans une nuit glaciale des secours débordés. C'est la Vendée, et particulièrement la Faute-sur-mer, qui compte le plus de victimes avec 29 morts alors qu'en Charente-Maritime on comptabilise 12 décès, notamment à Charron, Aytré et Châtelaillon-Plage. Dès le 1er mars, le président de la République Nicolas Sarkozy se rend sur place pour constater les dégâts. Evoquant une «catastrophe nationale», il promet d'engager la réflexion «sur le plan de l'urbanisme pour qu'une catastrophe de cette nature ne se reproduise plus».

De «zones noires» en «zones de solidarité»

Cinq semaines plus tard, le gouvernement présente la cartographie des «zones d'extrême danger, où il n'est pas acceptable de laisser les habitants se réinstaller». Le tracé de ces «zones noires», où 1.510 maisons doivent être rasées, suscite la colère de propriétaires et d'élus qui déplorent le manque de dialogue dans la préparation des cartes. Les promesses de l'Etat d'indemniser «totalement» chaque habitant n'apaise en rien le courroux des riverains contre ces «zones noires», vite rebaptisées moins dramatiquement «zones de solidarité».

Début juin, le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu fait machine arrière, assurant qu'«aucune maison ne sera rasée sous la contrainte» et promettant un étude de dangerosité, parcelle par parcelle. Si en Vendée, les périmètres définitifs des zones sont établis le 1er octobre, les choses sont plus complexes en Charente-Maritime où les expertises se poursuivent toujours dans quatre zones. Dans les deux départements, sur les habitations concernées par les «zones de solidarité», 1.113 ont fait l'objet d'un accord pour une acquisition à l'amiable par l'Etat.

Deux plaintes déposées

Les «déconstructions» de maisons pourraient débuter dès le mois de mars en Vendée et avec quelques mois de décalage en Charente-Maritime. Dans ces deux départements, 190 chantiers visant à renforcer digues et cordons dunaires, chargés de protéger les habitants, ont été menés en urgence en 2010 pour un montant de 42,6 M EUR. D'autres travaux sont prévus dans le cadre du plan national digues (500 M EUR de 2011 à 2016).

Côté judiciaire, deux plaintes sont entre les mains du parquet de La Rochelle, l'une déposée par une quarantaine de personnes contre la mairie de Charron, l'autre contre X par un particulier de Boyardville. En Vendée, la justice tente d'établir les responsabilités, notamment à la Faute-sur-mer où la plupart des 29 victimes vivaient dans des lotissements construits en dessous du niveau de la mer. Les enquêteurs agissent dans le cadre d'une information judiciaire ouverte fin novembre aux Sables d'Olonne après la plainte de l'Association des victimes des inondations du Sud-Vendée (Avif) et de 40 victimes.