Cérémonie de commémoration à La Faute-sur-Mer, un an après le passage de Xynthia

SOUVENIR Mais plusieurs familles endeuillées ont boycotté la cérémonie...

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L?Association des victimes des inondations du Sud-Vendée (Avif) ainsi que 40 victimes à titre individuel de la tempête Xynthia ont déposé plainte avec constitution de partie civile auprès du Doyen des juges d?instruction des Sables-d?Olonne, a annoncé lundi le cabinet de leur avocate, Me Corinne Lepage.
L?Association des victimes des inondations du Sud-Vendée (Avif) ainsi que 40 victimes à titre individuel de la tempête Xynthia ont déposé plainte avec constitution de partie civile auprès du Doyen des juges d?instruction des Sables-d?Olonne, a annoncé lundi le cabinet de leur avocate, Me Corinne Lepage. — Frank Perry AFP/Archives

Vingt neuf roses blanches ont été jetées ce dimanche dans un silence absolu depuis le pont qui mène à la Faute-sur-Mer, en souvenir des 29 vies emportées il y a tout juste un an par la tempête Xynthia, dans cette petite station balnéaire vendéenne alors submergée par les flots.

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«Certains ont vu leur maison, leur lieu de vie, se transformer en lieu de dévastation et d'horreur», a rappelé la ministre des Transports et de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, après la cérémonie en présence des pompiers, des secouristes et de quelques familles de victimes. «Il y a un avant et un après Xynthia: beaucoup d'élus se rendent compte des risques en matière d'urbanisme et des questions de sécurité», a-t-elle ajouté, en préconisant de «développer la culture du risque» dans les régions exposées.

Boycott

A l'appel de l'Association des victimes des inondations du Sud-Vendée (Avif) qui regroupe les sinistrés de la Faute-sur-Mer, plusieurs familles endeuillées ont boycotté la cérémonie pour protester contre l'attitude du maire René Marratier, «qui n'a jamais eu le moindre mot de compassion à l'égard des 29 victimes», comme le dit un communiqué de l'AVIF. Une autre cérémonie est prévue le 6 mars.

«Il faut que chacun puisse se recueillir comme il le souhaite, le drame a été tel que l'on peut avoir plusieurs cérémonies», a commenté pour l'AFP le sénateur Bruno Retailleau (divers-droite) qui préside le conseil général de Vendée. Avant la cérémonie, beaucoup se souvenaient. «Il y a un an, comme aujourd'hui, après le drame et le charivari, il faisait le même temps magnifique», s'est souvenu un des secouristes.

Enquête

Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, la tempête a fait 47 morts, dont 29 à à la Faute-sur-Mer, frappée par une montée des eaux brutales, sous l'effet combiné des vents violents et d'une marée de fort coefficient. Les côtes de Vendée et de Charente Maritime avaient été frappées de plein fouet. Aujourd'hui, la justice enquête pour établir les responsabilités humaines dans la catastrophe qui a soulevé des questions sur l'urbanisation côtière et la prévention des risques d'inondations.

Une perquisition a été menée à la mairie de la Faute-sur-Mer pour saisir des documents d'urbanisme et notamment des permis de construire. Les lotissements submergés par les flots le soir de la tempête étaient situés au pied d'une digue, en dessous du niveau de la mer. Depuis les inondations, les autorités ont lancé un plan d'expropriation dans les secteurs dangereux, baptisés «zones de solidarité». Au total, l'Etat a signé 1.113 accords de vente amiables.