Xynthia a vicié l'air de la mer

SOCIETE Un an après la mort de 29 habitants, La Faute-sur-Mer se cherche des responsables...

A La Faute-sur-Mer, Guillaume Frouin

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La nature a repris ses droits dans les lotissements sinistrés de La Faute-sur-Mer, qui sont aujourd'hui désertés.
La nature a repris ses droits dans les lotissements sinistrés de La Faute-sur-Mer, qui sont aujourd'hui désertés. — photos : F. ELSNER / 20 MINUTES

Dimanche, une cérémonie est organisée par la mairie et la préfecture à La Faute-sur-Mer (Vendée), en mémoire des 29 personnes noyées il y a un an après la tempête Xynthia. Une autre – avec le même programme – était pourtant prévue de longue date, pour le 6 mars, par l'association des sinistrés… Une anecdote qui en dit long sur le climat délétère qui règne dans la petite station balnéaire, où des lotissements entiers ont été transformés en «quartiers fantômes». Seuls des badauds viennent s'y balader le dimanche, au milieu de maisons murées où la nature a repris ses droits.

Des tags peints devant la mairie

Depuis un an, La Faute se partage donc entre les partisans du maire René Marratier et les autres. Les mots « Urbanisme financier » ont ainsi été peints maladroitement devant la mairie le week-end dernier. Ils ont été recouverts de sable par les agents municipaux, tout comme les tags «Honte» et «Démission» qui les avaient précédés. Un clivage qu'on retrouve au sein de l'Association de victimes des inondations de La Faute-sur-Mer et de ses environs (Avif), dont les 600 familles se déchirent pour d'autres raisons.

«La meilleure amie de ma compagne ne lui parle plus, depuis que celle-ci a décidé de vendre sa maison à l'Etat, raconte Yannick Lange, son président. Un ancien adhérent a aussi jeté des pierres sur notre vice-président, qui était interviewé par France 3… On n'est pas dans la bande de Gaza, mais ça y ressemble!»

C'est dans ce contexte tendu que le plan de prévention des risques inondation se discute entre la mairie et la préfecture. Après dix ans de palabres, il devrait bientôt être soumis à enquête publique.  Le maire a tergiversé pendant des années, et pendant ce temps-là, on a construit en toute légalité sur d'anciens marécages», soupire François Anil, un sinistré. « Lui parlait développement économique, quand nous parlions protection des populations.» Pour ce retraité de 65 ans, la responsabilité du drame est «collective». «La mairie et la préfecture avaient connaissance du danger… On ne peut pas nous faire tout le temps le coup du “Responsables, mais pas coupables”. »