Médecin poignardé à l'hôpital de Créteil: «Vous avez tué mon père» lui a dit son agresseur

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Une femme déguisée en infirmière qui a poignardé mardi un médecin au CHU Henri-Mondor de Créteil l'aurait accusé «d'avoir tué son père» avant de l'agresser, a affirmé ce mercredi à l'AFP Jean-Marc Devauchelle, représentant syndical Sud.

«Elle est entrée dans son bureau et lui a dit : "Vous avez tué mon père" avant de sortir un couteau de son sac et de se jeter sur lui», a déclaré Jean-Marc Devauchelle, qui s'est entretenu avec le médecin dans la matinée. Une source judiciaire avait déjà annoncé mardi que des «paroles de vengeance» avaient été proférées par cette femme qui a réussi à prendre la fuite.

La victime est hors de danger

Chef du service de gastro-entérologie à Mondor, le professeur Jean-Charles Delchier a été frappé de trois coups de couteau mardi après-midi alors qu'il était dans son bureau. Il a dû subir une intervention chirurgicale mais était sur pied mercredi.

«Son état, au lendemain de cette agression, n'inspire plus d'inquiétude. Il est prévu qu'il puisse sortir ce jour», a précisé la direction de l'hôpital dans un communiqué.

Selon Jean-Marc Devauchelle, le Dr Delchier n'a pas su identifier son agresseuse et n'avait pas souvenir de l'avoir déjà rencontrée.

Rondes renforcées

«La femme lui a semblé déséquilibrée, pas dans son état normal. Elle avait une tenue d'infirmière et un sac de linge des hôpitaux de Paris», a poursuivi le représentant syndical, qui estime que des images de vidéosurveillance pourraient être exploitées par les enquêteurs.

Le Dr Delchier a «pu décrire son agresseur» aux officiers de police, a ajouté la direction, tout en annonçant le renforcement du dispositif de sécurité et surveillance à l'hôpital.

Selon une porte-parole, les rondes seront ainsi renforcées dans ce vaste établissement rendu célèbre par la première greffe du visage au monde en 2010, et dont une partie du personnel était mobilisée mardi contre un projet de restructuration des hôpitaux de Paris.

«La communauté de Mondor est très choquée par ces événements», a souligné la direction, ajoutant qu'un accompagnement psychologique était mis en place dans le service d'hépato-gastro-entérologie. «C'est vrai que les gens sont choqués mais personne ne baisse les bras. Ca peut arriver dans n'importe quel lieu de travail», a commenté Augustin Mbala Samba, représentant CGT.

La police judiciaire du Val-de-Marne est chargée de l'enquête.