Le préfet Ange Mancini nommé coordonnateur national du renseignement par l'Elysée

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Après un diplomate c’est un préfet issu de la police, Ange Mancini, qui va coordonner les activités des quelque 12.000 hommes et femmes chargés de la collecte du renseignement et du contre-espionnage français.

Ange Mancini, 66 ans, préfet de la Martinique, a été nommé ce mercredi en Conseil des ministres coordonnateur national du renseignement à l'Elysée, un poste crée en 2008 après le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale. Cet ouvrage érige le renseignement en «fonction stratégique» et qualifie le poste de coordonnateur de «point d'entrée auprès du président de la République», confirmant la centralisation du renseignement à l'Elysée.

Spécialiste de la négociation

C'est donc un ancien grand «flic» qui remplacera un diplomate, Bernard Bajolet nommé ambassadeur de France en Afghanistan.

Ange Mancini est aussi un spécialiste de la négociation, une qualité essentielle au poste de coordonnateur des services de renseignement, souvent jaloux de leurs prérogatives et de leurs zones d'influence, et qui suit au jour le jour les efforts entrepris pour libérer les 8 otages français à l'étranger (Mali, Somalie, Afghanistan).

Patron du RAID, unité d'élite de la police, de 1985 à 1990, Ange Mancini a su ramener à la raison de nombreux forcenés sans faire usage de la force, avant de prendre la tête du SRPJ de Versailles, le plus important de France.

11.700 agents du renseignement en France

Nommé en 1993 sous-directeur des affaires criminelles de la direction centrale de la police judiciaire, puis directeur adjoint de la PJ en 1995, il est devenu préfet adjoint pour la sécurité auprès des préfets de la Corse-du-Sud et de la Haute-Corse de 1999 à 2002, avant d'être nommé préfet en Guyane, des Landes puis de la Martinique.

A ce poste, lors de la grève générale dans l'île du 5 février au 14 mars 2009, Ange Mancini va reprendre la méthode éprouvée au RAID: dialogue permanent à huis-clos avec les meneurs de la grève plutôt qu'affrontement avec les casseurs.

La communauté française du renseignement compte depuis le 1er juillet 2008 quatre services : Direction centrale de la sécurité intérieure (DCRI, contre-espionnage y compris industriel et anti-terrorisme) avec 4.000 fonctionnaires; Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, collecte et exploitation du renseignement intéressant la sécurité de la France à l’extérieur des frontières) avec 4.500 agents (3.200 civils, 1.300 militaires); Direction du renseignement militaire (DRM, renseignement d’ordre tactique ou stratégique) avec 1.800 personnes, dont 1.400 militaires. Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD, sécurité des personnels, des matériels, des informations et des installations sensibles de Défense) avec 1.400 agents, dont trois-quarts de militaires;

D’autres services de l’Etat mènent des activités de renseignement, comme la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), la Cellule de renseignement financier Tracfin (la lutte contre le blanchiment d’argent et financement du terrorisme) ou le Bureau de la liaison antiterroriste (Blat) de la gendarmerie.