Autoriser ou pas les armes à feu à la fac, le débat fait rage au Texas

ETATS-UNIS Une proposition de loi vise à légaliser le port d'arme sur les campus de l'Etat...

Philippe Berry

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Une étudiant portant une arme à feu, dans une université de l'Utah.
Une étudiant portant une arme à feu, dans une université de l'Utah. — D.C.PIZAC/AP/SIPA

De notre correspondant à Los Angeles

Le débat sent la poudre. Un projet de loi visant à autoriser le port d'arme sur les campus des universités du Texas a toute les chances de passer. Reste à savoir si cela est une bonne idée.

Le gouverneur républicain Rick Perry, célèbre pour son amour des armes à feu (il emmène parfois son .380 Ruger avec lui quand il va faire son footing), soutient un texte déjà voté par le Sénat et qui devrait, sauf surprise, être adopté par la Chambre de l'Etat. Il autoriserait, pour les plus de 21 ans titulaires d'un permis, le port d'un pistolet dissimulé à la ceinture (concealed carry) à la fac, l'un des rares lieux, avec les hôpitaux, jusqu'ici classés en «Gun free zone».

Légitime défense vs risque d'accident

Dans les grands espaces texans, la Sainte trinité s'appelle Dieu, football et armes à feux. Héritage de la conquête de l'Ouest, le 2nd amendement est ici sacré et les lois y sont traditionnellement très permissives. Mais mélanger fêtes universitaires arrosées et étudiants armés semble un cocktail explosif à certains.

«Vous ne trouveriez pas ça étrange d'avoir un étudiant avec un pistolet alors que le professeur lui donne une mauvaise note?», demande, incrédule, l'animateur du talk-show politique Hardball, au sénateur texan Jeff Wentwort, mardi soir. «La loi les autorise déjà à en porter au supermarché ou au cinéma. Pourquoi le droit de se protéger ne serait-il pas étendu à l'université», répond ce dernier, citant en exemple l'Utah, le seul Etat à avoir voté une telle loi.

Le massacre de Virginia Tech dans toutes les mémoires

L'association des Etudiants pour le droit de porter une arme dissimulée sur le campus, qui compte plus de 40.000 membres, argue que cette solution est la plus sûre pour empêcher des tueries comme celle de Virginia Tech. Selon elle, obtenir un permis nécessite de suivre une formation d'une dizaine d'heures et de passer un examen psychologique. Une garantie suffisante, pour l'association.

Pour comprendre le débat, 20minutes.fr a interrogé un jeune Texan de 21 ans. «Je suis en faveur de ce droit. Il y a des fous qui peuvent se livrer à des actes insensés et le meilleur moyen de combattre ça est de disposer d'un moyen de protection», explique Corbin McCarthy, qui se considère pourtant comme «un indépendant».

Reste que l'idée d'avoir des étudiants justiciers n'est pas vraiment populaire chez les forces de l'ordre. Un étudiant, même entraîné, peut mal viser. Et dans le feu de l'action, toute personne avec une arme est suspecte. «Les policiers qui m'ont secouru à Virginia Tech m'ont dit qu'ils auraient abattu le premier individu armé rencontré», raconte Colin Goddard, un survivant. Un risque que les législateurs texans semblent prêts à prendre.