Salon de l'Agriculture: Chirac s'offre un (rapide) bain de foule

Alexandre Sulzer

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Jacques Chirac n'a pas lâché l'épaule de Christian Jacob, hier.
Jacques Chirac n'a pas lâché l'épaule de Christian Jacob, hier. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Il n'y a pas dérogé. Mardi, Jacques Chirac s'est offert un gigantesque bain de foule lors d'une visite, plus courte que d'habitude, au Salon de l'agriculture à Paris. Attirés par les rumeurs sur son état de santé à deux semaines de l'ouverture de son procès pour les emplois fictifs de la Ville de Paris, les journalistes sont venus nombreux. Trop nombreux pour un Jacques Chirac, visiblement impressionné, qui n'a pas réellement pu parler avec les agriculteurs à cause de la cohue.

Arpentant, lentement, les allées du Salon, l'ancien président de la République ne lâche pas l'épaule de Christian Jacob, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale. « L'agriculture, c'est la vie », se contente-t-il de répéter plusieurs fois, évasivement. A l'attention de la foule, Jacques Chirac agite une main, en souriant. Mais son regard, un peu perdu, s'oriente vers la masse de journalistes et de badauds mélangés. Il faut dire que la scène est impressionnante avec un service d'ordre musclé qui bouscule plusieurs journalistes, tandis que des visiteurs font des malaises.

«Tendu à cause de la forêt de caméras»

«Il est en forme», estime Jean-Louis Borloo, qui s'est joint à la visite «à l'invitation» de l'ex-président. L'ancien ministre de l'Ecologie reconnaît que Jacques Chirac est «tendu par la forêt de caméras». «Même en forme, il serait tendu», glisse-t-il, au risque de se contredire.

«D'habitude, il salue les éleveurs, embrasse les enfants mais pas cette année», décrypte Christian Patria, ancien président du Salon, qui n'a jamais raté une visite chiraquienne. La faute aux journalistes, selon lui. Rien à voir avec une éventuelle baisse de régime.

D'ailleurs, si Jacques Chirac s'appuie sur Christian Jacob, c'est juste «l'une de ses manies, un signe d'affection». Loin des caméras, l'ancien chef de l'Etat déjeune pendant près d'une heure. Et là, les témoignages convergent. Il n'a boudé ni l'entrecôte ni l'inévitable bière. «Il a un sacré coup de fourchette», s'exclame même l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.