Raffarin - Villepin: quatre années de mesures

© 2006 AFP

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Quatre années de mesures

Le chômage des jeunes est un casse-tête sur lequel se sont penchés successivement les gouvernements Raffarin et Villepin depuis 2002. Sans grands succès pour l’heure, le taux de chômage des moins de 25 ans pointe à 22,8%, soit plus du double de la moyenne nationale. Dernière mesure, que l’on pourrait qualifier de la dernière chance, du gouvernement Villepin : la création d’un Contrat Première Embauche, très décrié.

2002-2004 : Raffarin

A son arrivée à Matignon, Jean-Pierre Raffarin veut se démarquer de son prédécesseur, Lionel Jospin. Il décide une grande réorientation de la politique de l’emploi en faveur des jeunes et charge son ministre du Travail, François Fillon, de mettre fin à une des mesures phare du gouvernement Jospin : les emploi-jeunes, des CDD de cinq ans dans le secteur non marchand destinés aux moins de 26 ans. Jugés coûteux et inefficace du fait de son éloignement du secteur privé, ce dispositif est remplacé par le contrat-jeune en entreprise (CJE), un CDI destiné aux jeunes ayant un diplôme inférieur au bac avec des aides financières pour les employeurs. Ce contrat compte 240.000 bénéficiaires depuis son lancement en 2002, soit une moyenne de 80.000 jeunes par an…
C’est insuffisant pour endiguer la croissance du chômage chez les 15-24 ans, qui pointe alors à 22%. Le contexte morose empêche toute impulsion. Le gouvernement décide alors de lancer le Contrat d’insertion dans la vie sociale (Civis), à destination des collectivités locales et des associations. Sans grand succès. Les revers des élections législatives et du référendum sont ceux de trop. Raffarin et son gouvernement sont remerciés. Le président Jacques Chirac nomme Dominique Raffarin comme nouveau Premier ministre. Une nouvelle ère de lutte contre le chômage, en particulier des jeunes, est relancée.

2004-2006 : Villepin

Nouveau Premier ministre et nouveau ministre de l’Emploi pour une problématique identique… Jean-Louis Borloo relance le traitement social du chômage et fait de l’emploi des jeunes un des grands travaux de son mandat. Dans son plan de Cohésion sociale, qu’il présente le 24 juin 2004 au Conseil des ministres, une large partie est consacrée à l’emploi des jeunes, avec pour objectif d’accompagner 800.00 jeunes en difficultés vers l’emploi durable en cinq ans. Deux milliards d’euros doivent y être consacrés d’ici 2009.
Autre mesure de ce plan : la revalorisation de l’apprentissage. Le ministre ambitionne de faire passer le nombre d’apprentis de 360.000 actuellement à 500.000 en 2009. Un crédit d’impôt en faveur des entreprises est créé. En 2005, 14.000 contrats d’apprentissage en plus ont été signés.
A la demande du gouvernement, l’ANPE a convoqué 57.000 de jeunes demandeurs d’emplois cet été, afin de leur présenter 59.000 offres, chiffres donnés par le ministère de la Cohésion Sociale.
Dernier-né du gouvernement, le Contrat première embauche* (CPE), défendu par Dominique de Villepin, qui fait face à de nombreuses critiques. Ce contrat destiné aux jeunes prévoit notamment une période de deux ans durant lesquelles l’employeur et le salarié sont libres de rompre le contrat, sous certaines conditions.
Cette dernière proposition complète une politique tous azimuts, menée depuis deux ans. La situation reste néanmoins critique : depuis avril 2002, le taux de chômage a globalement augmenté de 0,7 points. Celui des jeunes de moins de 25 ans a, lui, fait un bond de 3,8 points. Aujourd’hui, le chômage des 15-24 ans* est de 22,8%, soit deux fois plus du double de la population globale (9,5% fin décembre 2005).

Mot-clé : le crédit d’impôt en faveur des entreprises
Sa mise en application est fixée par le décret n°2005-304 daté du 31 mars 2005. Ce dispositif fiscal permet aux employeurs de percevoir, sous certaines conditions, 1600€ par an et par apprenti. Ce crédit est porté à 2200€ par an pour l’emploi d’un apprenti relevant de l’accompagnement personnalisé prévu par la loi de cohésion sociale (Code du travail, art. L. 322-4-17-1) à l'intention des jeunes en difficulté, ainsi que d'un apprenti reconnu travailleur handicapé.

*Voir aussi nos fiches techniques sur les différents types de contrats
* Voir aussi notre article sur le chômage des jeunes