Polémique autour d'une note discriminatoire envers les Tunisiens

SECURITE La circulaire a été retirée...

Matthieu Goar

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C’est une petite note qui a fait beaucoup de bruit. Avant d’être aussitôt retirée. Ce week-end, l’un des principaux syndicats de police, l’Unite SGP-Police a mis la main sur un document discriminatoire en matière de contrôle d’identité. Selon les responsables du syndicat , des responsables policiers de Cannes ont eu entre les main une note leur demandant de procéder à l’interpellation d’étrangers en situation irrégulière «de nationalité tunisienne» dans la gare et aux abords de la gare.

«Notre mission est de contrôler l’identité des personnes, pas spécialement celles des Tunisiens, explique Laurent Martin de Frémont, délégué Alpes-Maritimes du syndicat Unité-SGP police. Avec une telle demande, on est clairement dans une dérive qui est la conséquence d’une politique du chiffre.» Devant le tollé, le directeur départemental de la sécurité publique a décidé de retirer cette note.

Document «informel»

Quelques heures plus tôt, les autorités policières, comme Véronique Morandi,  commissaire divisionnaire de Cannes, avaient pourtant nié son existence. Selon nos informations, ce document «informel» avait été transmis aux chefs pour qu’il en fasse part de façon orale à leurs équipes.  Un procédé qui traduit l’inquiétude des autorités policières au sujet de l’arrivée de Tunisiens en situation irrégulière.  «On demande aux policiers de terrain de pallier les carences des politiques internationales», râle un policier. 

Depuis l’arrivée de plusieurs milliers de Tunisiens sur l’île de Lampedusa (encore plus de 200 ce week-end), la préfecture des Alpes-Maritimes  admet  qu’«un dispositif de renforcement de la surveillance et du contrôle des étrangers en situation irrégulière (ESI), a été mis en place» (deux Tunisiens ont été arrêtés à Cannes ce week-end, selon des policiers). Mais, pour éviter toute discrimination,  ce dispositif doit s’appliquer à  l’ensemble des nationalités et non cibler des émigrés en particulier. «On tombe sur les policiers de terrain dès qu’ils commettent- des impairs, ce qui est logique. Mais, cela me paraît normal également de demander à nos supérieurs de rester dans les clous. Surtout qu’avec des notes comme celles-là, ils envoient des policiers de terrain là aussi droit dans le mur», conclut Laurent Martin de Frémont.

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