Eric Zemmour reconnu coupable de provocation à la discrimination raciale

JUSTICE Le chroniqueur est condamné à 2.000 euros d'amende avec sursis...

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Le chroniqueur Eric Zemmour à son arrivée au tribunal de Paris, le 11 janvier 2011
Le chroniqueur Eric Zemmour à son arrivée au tribunal de Paris, le 11 janvier 2011 — REUTERS/Jacky Naegelen

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce vendredi Eric Zemmour à 2.000 euros d'amende avec sursis pour provocation à la haine raciale pour ses propos controversés sur «les Noirs et les Arabes». Son avocat, Olivier Pardo, a indiqué à 20minutes.fr que lui et son client réfléchissaient à faire appel. La réaction du conseil aux deux jugements est «très mitigée» puisqu'Eric Zemmour a été relaxé pour le délit de diffamation mais pas pour celui de provocation à la discrimination. Or, «un journaliste a le droit de dire la réalité», estime Olivier Pardo.

Eric Zemmour avait été cité en justice par SOS Racisme, la Licra, le Mrap, l'UEJF et J'accuse, pour des propos tenus le 6 mars 2010 sur Canal+ et France Ô.

Dans l'émission de Thierry Ardisson «Salut les terriens», diffusée sur la chaîne cryptée, Eric Zemmour s'était indigné après une intervention sur les contrôles au faciès: «Mais pourquoi on est contrôlé 17 fois? Pourquoi? Parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un fait».

Propos «choquants» mais pas «diffamatoires»

Le même jour, sur France Ô, il avait estimé, en réponse à une question qui lui était posée, que les employeurs «ont le droit» de refuser des Arabes ou des Noirs.

Dans un premier jugement, la 17e chambre du tribunal a statué sur les poursuites engagées par SOS Racisme, la Licra et le Mrap, qui poursuivaient les propos sur les trafiquants en diffamation à caractère racial et ceux sur les employeurs pour provocation à la discrimination raciale.

Le tribunal a relaxé Eric Zemmour du délit de diffamation pour les propos sur les trafiquants. Ces propos sont peut-être «choquants», écrit le tribunal, mais ils ne sont pas «diffamatoires». En revanche, il a condamné l'homme de médias à 1.000 euros d'amende avec sursis pour avoir, sur France Ô, «justifié une pratique discriminatoire illégale - la discrimination à l'embauche - en la présentant comme licite».

Jugements publiés dans la presse

Par ailleurs, le chroniqueur devra verser 1.000 euros de dommages et intérêts à chacune des trois associations, plus 2.000 euros de frais de justice.

Le tribunal a rendu un second jugement, à la suite des poursuites engagées par les associations UEJF et J'accuse. Ces deux associations poursuivaient uniquement les propos diffusés sur Canal+ concernant les trafiquants, mais tant en diffamation qu'en provocation à la discrimination raciale.

Dans ce dossier, la 17e chambre n'a retenu que le délit de provocation à la discrimination raciale et a condamné Eric Zemmour à 1.000 euros d'amende avec sursis. Il devra également verser 1 euro à chacune des parties civiles, plus 750 euros de frais de justice, soit un total de 1.502 euros. Les deux jugements devront enfin faire l'objet d'une publication dans la presse.

Zemmour se défend d'être un «provocateur»

En substance, le tribunal a jugé qu'Eric Zemmour avait «dépassé les limites autorisées de la liberté d'expression». Mettant en avant «le crédit qui peut être accordé aux paroles» du prévenu, «un homme de médias, un polémiste reconnu, un trublion parfois», le procureur de la République Anne de Fontette avait requis à l'audience du 14 janvier une condamnation «de principe».

Eric Zemmour de son côté s'était défendu avec vigueur, assurant ne pas être un «provocateur», mais un observateur fidèle de la réalité qui refuse le «politiquement correct».

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