Paris veut réduire la publicité dans ses rues

© 2011 AFP

— 

La ville de Paris veut réduire l'affichage publicitaire de 30% dans ses rues et rétrécir les fameux panneaux 4x3 en périphérie, au grand dam des afficheurs et de l'opposition UMP, tandis que des élus écolos, de gauche et les antipubs voudraient aller encore plus loin.

En votant le 11 février un nouveau règlement local de publicité (RLP), le groupe de travail chargé du dossier, composé d'élus, représentants de l'Etat et du monde de la pub et de l'économie, a revu un texte vieux de...25 ans.

Pourtant le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë avait déjà tenté en 2007 d'appliquer un nouveau RLP, aussitôt attaqué par les afficheurs, avant de devoir recommencer à cause d'un vice de forme.

"Le nouveau règlement consiste à réduire de 30% la surface publicitaire et à supprimer toutes les zones de publicité élargies, ce qui signifie que Paris sera en zone de publicité restreinte ou interdite", explique à l'AFP Danièle Pourtaud, adjointe PS chargée du patrimoine.

La pub sera ainsi interdite dans un périmètre de 50 mètres autour des établissements scolaires, sur les bords de Seine, les canaux, la butte Montmartre, les murs en surplomb des espaces verts et jardins publics, autour des funérariums et cimetières...

Autre mesure phare: l'"interdiction absolue" des panneaux 4x3 (12m2) sur l'ensemble du territoire, ce qui induira la suppression de 920 panneaux essentiellement situés sur le périphérique et aux abords des boulevards des maréchaux. Leur taille "maximum" a été fixée à 8m2.

La ville entend ainsi remettre en valeur son patrimoine et la qualité de son paysage, rappelle Mme Pourtaud. Mais le texte doit encore recevoir le feu vert de la commission départementale des sites mi-mars, et l'assentiment des élus lors du conseil de Paris de juin. C'est seulement après, que le maire pourra prendre un arrêté pour appliquer le nouveau RLP.

Stéphane Dottelonde, président de l'Union de la publicité extérieure (UPE) regroupant les principaux afficheurs, a voté contre ce RLP: "D'après nos décomptes, il y aura plutôt 40 à 50% de baisse de la publicité dans Paris, les annonceurs sont très préoccupés", dit-il à l'AFP.

Selon lui la mairie de Paris n'a pas mesuré "les conséquences économiques, sociales et financières de ces restrictions" car la ville "perçoit des taxes locales pour la publicité extérieure, des droits de voirie et de redevance".

La première vice-présidente du groupe UMP au Conseil de Paris, Laurence Douvin, a regretté que la municipalité "ait délibérément refusé de prendre en compte les nombreuses avancées du Grenelle de l’environnement, en ce qui concerne le micro-affichage et les bâches publicitaires".

Très impliqués dans le dossier, Alexis Corbière, élu du Parti de gauche (PG) et les élus Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont à l'inverse été "déçus" et se sont abstenus sur ce RLP après avoir déposé chacun plus de 30 amendements.

"La publicité autour des écoles sera limitée, mais seulement sur un linéaire de voirie de 25 mètres de part et d’autre de l’entrée principale et non pas dans un rayon de 50 mètres autour de l'école" et "les panneaux défilants ne seront pas arrêtés la nuit entre minuit et 7 heures du matin, mais uniquement en cas de nuisances", a regretté dans un communiqué EELV dont les arguments sont identiques à ceux du collectif antipub des Déboulonneurs.

De même, M. Corbière a jugé que "ce projet attribu(ait) encore beaucoup trop de place à la publicité dans la cité et dans notre vie": "Des études ont établi que nous percevons en moyenne près de 3.000 messages publicitaires chaque jour, la publicité attaque la liberté de conscience".