Accouchement sous X: La mère biologique d'Héléna s'est sentie «trahie» par la justice

ANONYMAT Le 26 janvier, la justice avait décidé de confier un enfant né sous X à ses grands-parents...

N. Be.

— 

Son histoire a fait polémique. La jeune femme de 25 ans qui a donné anonymement naissance en 2009 à une petite Héléna, confiée le 26 janvier dernier à ses propres parents par la justice, s’est exprimée pour la première fois dans la presse dimanche.

Interrogée par le Journal du dimanche, Véronique (prénom modifié par la journaliste) se rappelle son incrédulité au moment où elle a appris que la justice donnait raison à ses parents, Isabelle et Pascal Oger, au nom de «l’intérêt supérieur» d’Héléna. «Je me suis sentie trahie, raconte-t-elle. La justice n’a pas respecté la loi, elle s’est retournée contre moi.»

Elle espère «un pourvoi en cassation»

Ce que la jeune femme peine à comprendre, c’est l’atteinte à l’anonymat requis par tout accouchement sous X. «Aujourd’hui, tout le monde sait qui je suis puisque mes parents demandent la garde de la petite, que leur nom et leurs photos sont dans les journaux. Or je porte le même nom qu’eux.» «La justice ne peut pas opposer les droits de deux êtres humains. Cet enfant et moi, nous avons tous les deux des droits», avance-t-elle.

Au-delà de son cas personnel, Véronique justifie également sa prise de parole par son inquiétude au sujet du sort d’Héléna. «La seule chose que je peux dire est que, pour l’intérêt de cet enfant, il n’est pas possible de laisser mes parents s’en occuper, explique-t-elle. On ne peut pas dire que mes frères et sœurs et moi soyons des modèles de réussite. Je ne veux pas que cet enfant vive ce que j’ai vécu.»

Désormais, elle espère que le parquet ou le conseil général du Maine-et-Loire, le tuteur légal de la petite, se pourvoiront en cassation. «Je sais que je ne suis rien juridiquement puisque j’ai rompu tout lien avec cet enfant. Mais je pense à lui justement, à son intérêt.»