Vaste chaîne humaine à Dresde en hommage aux victimes des bombes de 1945

© 2011 AFP

— 

Des milliers d'Allemands ont formé dimanche une chaîne humaine à Dresde, dans l'est de l'Allemagne, pour rendre hommage aux victimes du bombardement allié de 1945 et protester contre un rassemblement de néo-nazis qui voulaient instrumentaliser cet anniversaire.

Dans la matinée, le chef du gouvernement régional de Saxe, Stanislaw Tillich, et de nombreuses personnalités politiques et religieuses ont déposé des gerbes au cimetière Heide où sont enterrées nombre des quelque 25.000 victimes qu'ont fait les bombardements anglo-américains de février 1945 en trois jours.

Un peu plus tard, 17.000 manifestants antifascistes ont formé une chaîne symbolique sur 3 km dans la vieille ville, malgré une pluie glacée, pour signifier leur opposition aux groupes néo-nazis qui devaient manifester dans l'après-midi.

Le maire adjoint Detlef Sittel a salué ce "signe de détermination" et s'est dit "fier et reconnaissant" envers les participants à cette chaîne humaine.

"Je ne vais pas les laisser régner sur cette journée!", a déclaré Brigitte Siebert, 64 ans, l'une des participantes, en parlant des néo-nazis.

"Ma mère a vu Dresde brûler (en 1945), on ne peut pas oublier ça", a ajouté cette femme qui arborait une rose blanche comme nombre des participants à cette manifestation.

De leur côté, au moins 600 personnes ont répondu à l'appel de l'association Dresde sans nazis, qui a organisé à grand renfort de mégaphones, de sifflets et de musique, des rassemblements pour "déranger" les néo-nazis.

"Notre objectif est clair: les défilés nazis à Dresde doivent s'arrêter", a déclaré une porte-parole de l'organisation, Franziska Radtke.

Le défilé des néo-nazis a lui eu lieu en fin de journée, dans le calme, selon la police. Environ 1.300 néo-nazis ont manifesté, ont indiqué les autorités locales.

Des milliers de policiers avaient délimité pour eux un parcours d'environ 3,5 km à travers Dresde, bloquant les accès à ce parcours avec leurs véhicules et des barrières, afin de permettre aux néo-nazis de défiler comme le leur a ordonné un tribunal. Les forces de l'ordre étaient mobilisées en masse avec canon à eau, hélicoptères et police montée pour éviter tout heurt, des milliers de militants anti-nazis s'étant massés le long du parcours.

Chaque année, les néo-nazis cherchent à instrumentaliser à des fins de propagande l'anniversaire de cette terrible attaque aux bombes incendiaires qui détruisirent une grande partie de Dresde entre le 13 et le 15 février 1945.

L'an dernier, les contre-manifestants avaient réussi à les empêcher de défiler. Mais cette année, ils ont obtenu une décision de justice les autorisant à manifester et contraignant la police à protéger leur défilé.

D'autres rassemblements néo-nazis et anti-nazis sont prévus samedi 19 à Dresde.

Une commission d'historiens a conclu l'an dernier que 25.000 personnes avaient péri sous les 650.000 bombes incendiaires larguées par les Américains et les Britanniques sur la ville.

Dimanche à Dresde également, le chef d'orchestre israélo-argentin Daniel Barenboïm a reçu le prix de la ville pour son engagement en faveur de la paix au Proche-Orient, remis à l'Opéra Semper.