Toni Musulin va savoir combien il devra rembourser à son employeur

JUSTICE La société Loomis lui réclame près d'un million d'euros...

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Esquisse de Toni Musulin lors de son procès en appel le 14 septembre 2010 à Lyon.
Esquisse de Toni Musulin lors de son procès en appel le 14 septembre 2010 à Lyon. — AFP/BENOIT PEYRUCQ

Condamné à cinq ans de prison pour avoir volé plus de 11 millions d'euros fin 2009 à Lyon à bord de son fourgon, l'ex-convoyeur Toni Musulin connaîtra ce vendredi le montant des réparations qu'il devra payer à son ancien employeur, la société Loomis.

Lors d'une audience fort peu médiatisée le 26 novembre dernier au Tribunal de grande instance de Lyon, la société suédoise de transports de fonds avait réclamé près d'un million d'euros de dommages et intérêts à Musulin, qui n'avait pas jugé utile d'être présent. «Toni Musulin n'a plus envie de participer à ce qu'il considère comme une mascarade», a déclaré à l'AFP son avocat Hervé Banbanaste, pour qui ce troisième procès est un «épiphénomène».

«On aura énormément de difficultés à se faire rembourser»

«Il n'a aucune obligation de payer car les magistrats ont oublié d'assortir sa condamnation d'un sursis avec mise à l'épreuve et obligation d'indemniser sa victime», a-t-il expliqué. «S'il avait eu une peine de prison avec deux ans de mise à l'épreuve, là oui il y aurait eu un enjeu», a-t-il dit.

«On aura énormément de difficultés à se faire rembourser, car la seule possibilité est de le poursuivre sur ses biens, mais il n'en a pas», Musulin ayant pris soin de vider ses comptes avant de passer à l'action, reconnaît Claudia Chemarin, l'avocate de Loomis, seule partie civile. Pour calculer son préjudice, Loomis a additionné les 250.000 euros de franchise de son assurance, une hausse de 700.000 euros de sa prime d'assurance, ainsi que les intérêts d'emprunt qu'il a dû payer pour rembourser ses clients dès le lendemain du vol.

«Personne ne réclame les 2,5 millions d'euros qui manquent!»

L'essentiel du butin, soit 9,1 millions d'euros, avait été retrouvé deux jours après le vol, déposés en vrac dans un box de l'agglomération lyonnaise loué par le convoyeur. Manquaient à l'appel 2,5 millions d'euros, que Toni Musulin jure disparus, soit volés par un tiers soit comptabilisés à tort.

«Personne ne réclame les 2,5 millions d'euros qui manquent! Depuis le début, on se tue à dire qu'il y a un problème dans le décompte des billets et personne ne les réclame», s'offusque Me Banbanaste. «Le comptage des billets a été effectué par la Banque de France et on n'aurait pas remboursé les clients à hauteur de 11,6 millions d'euros si on avait eu un doute sur le montant», rétorque Claudia Chemarin.

«Si l'instruction n'avait pas été uniquement à charge, il aurait donné des informations»

Dans un dernier pied de nez à la justice, l'ancien convoyeur a révélé dans un récent livre-témoignage («Toni 11,6», éditions Stock) qu'il avait aménagé une cache secrète au fond du box où il avait prévu de dissimuler son butin. «Le mur était la clé, la preuve de sa supériorité. Celle de leur infériorité. Derrière ce mur il y aurait la meilleure des planques», résume l'auteur, Alice Géraud-Arfi, qui a reçu les confidences de Musulin dans sa cellule de la prison de Lyon-Corbas.

L'arrivée inopinée de la police avait empêché Toni Musulin d'y entreposer les billets, avant d'entreprendre sa cavale. «Si l'instruction n'avait pas été uniquement à charge, il aurait donné des informations. Et si on nous avait accordé la reconstitution qu'on demandait, on leur aurait peut-être montré le mur», a conclu Me Banbanaste.