Laëtitia: «Ceux qui ont couvert ou laissé faire seront sanctionnés», répète Nicolas Sarkozy

JUSTICE Les magistrats nient toute une erreur...

C. F. avec Reuters

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Nicolas Sarkozy lors d'une table ronde à Orléans le 3 février 2011.
Nicolas Sarkozy lors d'une table ronde à Orléans le 3 février 2011. — AFP/LIONEL BONAVENTURE

Deux jours après la découverte du corps démembré de Laëtitia , près de Saint-Nazaire, Nicolas Sarkozy a relancé la polémique sur le suivi du principal suspect dans cette affaire, Tony Meilhon. «Quand on laisse sortir de prison un individu comme le présumé coupable sans s'assurer qu'il sera suivi par un conseiller d'insertion, c'est une faute», a lancé le chef d’Etat lors d’une  visite dans un commissariat d'Orléans.

«Ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute seront sanctionnés, c'est la règle (...) quand il y a une faute qui conduit à un tel engrenage, nos compatriotes ne comprendraient pas qu'il n'y ait pas de sanction», a-t-il ajouté. Pour Nicolas Sarkozy, «il y a eu un certain nombre de dysfonctionnements côté justice et côté police» et des décisions seront prises pour y remédier.

«Protéger la société de ces monstres» 

«Notre devoir, c'est de protéger la société de ces monstres, je dis "monstre" parce que je crois qu'il y a un moment où il faut employer les mots qui correspondent aux situations et ne pas se voiler la réalité», a-t-il encore déclaré. 

La semaine précédente, le Président avait déjà promis à la famille d’accueil de la jeune fille qu’il y aurait des sanctions. Michel Mercier, le ministre de la Justice et Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur, avaient  pointé «une défaillance de la chaîne pénale», la semaine dernière, prônant une série de mesure, dont l’appel à des retraités de la justice pour combler le manque de personnels.

 Abandon du suivi avec l’accord des autorités

Une initiative jugée grotesque par les syndicats, qui réfutent les accusations du chef de l’Etat. Les agents de probation de Loire-Atlantique et les magistrats nient toute erreur car c'est faute d'effectifs que le suivi de Tony Meilhon, comme de celui de plus de 800 autres détenus, avait été abandonné, avec l'accord écrit des autorités.

 Le poste manquant de juge d'application des peines qui a contribué à l'abandon du suivi du suspect n'avait pas été pourvu sur décision du ministère de la Justice, affirment les syndicats, produisant des documents écrits.

Le service de probation ne comptait que 17 agents pour suivre 3.300 personnes et Tony Meilhon, mis à l'épreuve dans le cadre d'un outrage à magistrat, n'était pas perçu comme dangereux. La police avait en effet sept plaintes au moment des faits contre Tony Meilhon, dont une pour viol, qui n'a pas été porté à la connaissance de la justice.

Mobilisation
«Les magistrats du Tribunal de Nantes n'accepteront pas que dans une démarche démagogique visant à masquer l'incurie des pouvoirs publics, des magistrats ou fonctionnaires servent de boucs émissaires», disent-ils dans une motion transmise à Reuters. «Les magistrats de Nantes sont déterminés à recourir à toutes formes d'action collective», ajoutent-ils.