Disparue de Pornic : Tony Meilhon affirme qu'il a eu «une relation sexuelle consentie» avec Laëtitia la veille de l'«accident»

ENQUÊTE ans sa version des faits, le suspect affirme qu'il avait une liaison avec la victime...

J. M.

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Une photo de Laëtitia placardée à La Bernerie-en-Retz, en Loire Atlantique, le 24 janvier 2011.
Une photo de Laëtitia placardée à La Bernerie-en-Retz, en Loire Atlantique, le 24 janvier 2011. — REUTERS/Stephane Mahe

Les enquêteurs décrivent Tony Meilhon comme «goguenard » et «muré dans son silence». Mais le suspect dans la disparition de Laëtitia Perrais a donné quelques éléments sur l’affaire au cours de ses auditions, dont Le Parisien a publié ce mercredi des extraits (article payant).

«ils se sont enlacés» et «s’embrassaient»

La veille de la disparition de Laëtitia, le 18 janvier dans l’après-midi, Tony Meilhon a indiqué qu’il était allé «se promener sur la plage de la Bernerie» avec la jeune fille, avec laquelle il avait eu un peu plus tôt «une relation sexuelle consentie». Laëtitia avait prévenu sa famille qu’elle ne rentrerait pas pendant sa pause, selon Le Parisien.

Avant que la jeune fille ne reprenne son service, vers 18h30, un témoin indique les avoir vus devant l’hôtel dans lequel travaillait la victime. «Je viens te chercher ce soir, n’oublie pas», aurait lancé Tony Meilhon à Laëtitia. Le même témoin raconte qu’«ils se sont enlacés» et «s’embrassaient». Le suspect se serait ensuite, selon sa déposition, rendu dans un supermarché de Pornic «pour acheter des gants à Laëtitia, un peu avant 20h».

«Je me suis aperçu qu’elle avait oublié ses gants, j’ai voulu la rattraper»

Tony Meilhon a bien été filmé par les caméras du centre commercial, ce soir-là. Il affirme avoir ensuite été attendre Laëtitia au Barbe Blues, où ils auraient déjà été boire quelques verres ensemble. Vers 22h30, après une altercation avec d’autres clients, le suspect est sorti du bar. Il a raconté aux enquêteurs avoir été attendre Laëtitia à la sortie de son travail, puis l’avoir «emmenée dans un autre bar à Pornic, le Key46». Des témoins les auraient aperçus à bord de la 106 du suspect.

Mais le Key46 est fermé. Tony Meilhon affirme avoir alors raccompagné Laëtitia à l’hôtel, où l’attendait son scooter. «Je me suis aperçu qu’elle avait oublié ses gants, j’ai voulu la rattraper» mais «je l’ai heurtée par accident», a-t-il expliqué aux enquêteurs. Le suspect indique avoir alors cédé à la panique et avoir emporté le corps de Laëtitia dans le coffre de sa voiture. Mais Laëtitia a cependant envoyé un SMS à un de ses amis, dans lequel elle affirmait avoir été violée.

Le témoin qui contredit sa version

Le suspect affirme être ensuite retourné à l’endroit où il est hébergé, avant d’installer le corps de Laëtitia sur «une planche en bois», pour pouvoir la transporter «à plat dans sa voiture». Tony Meilhon, après avoir  jeté le corps à l’eau «depuis le sommet du pont de Saint-Nazaire», dit être retourné chez lui et avoir brûlé la planche. Un tas de cendre a bien été retrouvé sur place, mais aucune des 21 caméras de surveillance du pont n’a filmé sa voiture.

Le corps démembré de Laëtitia a d’ailleurs été retrouv

é, lesté avec du grillage, dans un étang. Ce qui se rapproche davantage de la thèse d’un autre témoin, ami de Tony Meilhon, qui dit l’avoir croisé le lendemain sur le parking d’un décathlon. Le suspect, «pâle et très énervé», lui aurait raconté avoir «buté un mec sur la route» avant de découper le corps en morceaux. Dans le coffre de la 106: deux grandes poubelles, et du grillage.