Affaire Laëtitia: La mobilisation de retraités de la justice jugée «grotesque» par les syndicats

JUSTICE Cette mesure figure dans une liste de sept décisions annoncées à la suite de l'enquête sur la disparition de la jeune fille...

C. F. avec Reuters
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Michel Mercier et Brice Hortefeux, le 12 janvier, après un conseil des ministres à l'Elysée.
Michel Mercier et Brice Hortefeux, le 12 janvier, après un conseil des ministres à l'Elysée. — E. FEFERBERG/ AFP

Mobiliser des magistrats et greffiers retraités. C’est l’une des sept mesures qui figurent dans la liste des sept décisions «opérationnelles» annoncées lundi par les ministères de la Justice et de l'Intérieur, à la suite de l’enquête sur la disparition de la jeune Laëtitia près de Pornic.

Objectif: aider les services de probation et d’insertion des détenus, débordés et obligés de mettre de côté des dossiers jugés non prioriaires. Au service de Nantes, 800 dossiers avaient ainsi été écartés, dont celui de Tony Meilhon, le suspect numéro 1 dans l’affaire Laëtitia.

Des tâches autorisées limitées

Non seulement cette idée est réprouvée par les syndicats, mais ils la jugent également illégale.

L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) souligne ainsi que la décision créant récemment une «réserve judiciaire» faite de retraités ne permet pas de leur affecter des tâches de probation. Les magistrats ne peuvent en effet effectuer que des «activités non juridictionnelles», donc sans prise de décisions, et les greffiers sont limités à des missions d'assistance, de formation des personnels et d'études.

Interrogé par Reuters, le cabinet du ministre de la Justice a précisé que les retraités pouvaient légalement, selon lui, aider les agents de probation à effectuer des tâches techniques telles que les «mises en état» des dossiers.

«Grotesque et ridicule»

Il n’empêche, la CGT qualifie dans un communiqué cet appel aux retraités de «grotesque» et réclame de véritables recrutements. Un autre syndicat pénitentiaire, Le Snepap-FSU, pense que cette décision est «tout bonnement ridicule».

«Il ne peut s'agir que d'une grossière erreur ou d'une inadmissible inconséquence, poursuit-il dans un communiqué. Imaginer que le dramatique problème du sous-effectif dans les services de probation serait résolu par les recrutements de fonctionnaires et de magistrats en retraite est profondément choquant».