Des CRS mécontents font la grève de la faim

SOCIAL Ils protestent contre la probable fermeture de deux compagnies...

Reuters

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Une compagnie de CRS à Paris le 21 octobre 2010.
Une compagnie de CRS à Paris le 21 octobre 2010. — YAGHOBZADEH RAFAEL/SIPA

Le malaise provoqué chez les policiers français par la probable fermeture de deux compagnies de CRS à Marseille et Lyon provoque un absentéisme volontaire et une grève de la faim.

Les effectifs de plusieurs compagnies de CRS ont pris la décision de ne plus s'alimenter ou d'avoir recours massivement à des arrêts maladie, dit-on de source syndicale dimanche. Ils réfutent cependant les termes de «grève de la faim».
 

«Les CRS de la compagnie 54 observent une grève de la faim depuis samedi»

C'est la dernière méthode en date pour exprimer une protestation de plus en vive dans la police contre des réductions ou suppressions d'effectifs imputées aux économies budgétaires générales de l'Etat.

«Actuellement en mission dans la région parisienne, les CRS de la compagnie 54 observent une grève de la faim depuis samedi. Un point sera fait lundi sur la suite à donner à notre mouvement», a dit dimanche à Reuters le délégué régional CRS du syndicat Unité-SGP-Police, Raymond Vasquez.

«On ne peut pas accepter ce qui se prépare»

«Cette grève s'inscrit dans un mouvement d'ampleur national qui va continuer de s'amplifier dans les jours à venir. On ne peut pas accepter ce qui se prépare» a-t-il ajouté.

A Lyon, 90 CRS de Sainte-Foy-les-Lyon, soit 70% des effectifs de la compagnie, avaient été les premiers à manifester mercredi leur colère en se plaçant tous en arrêts de maladie.

Les policiers ont en France interdiction de faire grève et sont soumis au devoir de réserve.

Arrêts maladie

Le mouvement a depuis fait tâche d'huile. La quasi-totalité de la CRS 58 basée à Perpignan, qui devait samedi renforcer la sécurité autour du match de football entre Arles-Avignon et le Paris Saint-Germain, s'est absentée avec les mêmes motifs.

De source syndicale, on ajoute que le virus a touché la compagnie 53 de Marseille dont l'effectif serait également décimé par les arrêts maladie.

À l'échelle nationale, un «plan d'action» a ainsi été mis en place par les syndicats depuis plusieurs jours dans les 61 compagnies de CRS qui n'assurent plus que les missions de prévention, d'assistance à personnes en danger et de flagrants délits.

Le mouvement consiste notamment à cesser les contrôles routiers et les verbalisations, souligne-t-on de source syndicale.