Disparue de Pornic: «Nous retrouverons le corps de Laetitia»

ENQUÊTE 'est une promesse du procureur...

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Une photo de Laëtitia placardée à La Bernerie-en-Retz, en Loire Atlantique, le 24 janvier 2011.
Une photo de Laëtitia placardée à La Bernerie-en-Retz, en Loire Atlantique, le 24 janvier 2011. — REUTERS/Stephane Mahe

Dix jours après la disparition de Laetitia près de Pornic (Loire-Atlantique), les responsables de l'enquête se sont montrés déterminés vendredi, en se rendant sur le terrain, à retrouver le corps de la jeune fille, en dépit de l'obstruction du suspect. «Le premier objectif de la justice, c'est d'abord de retrouver le corps de Laetitia», a déclaré le procureur de la République à Nantes, Xavier Ronsin, qui venait de se rendre, avec les juges d'instruction chargés du dossier, Pierre-François Martinot et Frédéric Desaunettes, sur les lieux du drame.

«Nous devons aux familles, vérité et justice»

Le principal suspect, mis en examen pour enlèvement suivi de mort, Tony Meilhon, «est aujourd'hui muré dans son silence, dans ses dénégations. Sa seule attitude devant les enquêteurs et devant les juges, c'est un sourire goguenard», a souligné Xavier Ronsin. «Nous nous passerons de son aide, nous retrouverons le corps de Laetitia», a-t-il ajouté.

«Nous devons aux familles, vérité et justice», a-t-il ajouté. Les trois magistrats ont refait «le cheminement du dernier trajet de Laetitia», entre le restaurant où elle travaillait et le lieu où a été retrouvé son scooter, puis se sont rendus «là où vivait Tony Meilhon, où se sont peut-être passées des choses extrêmement graves», a ajouté Xavier Ronsin.

Des versions contradictoires sur l'état du corps de Laëtitia

Interrogé sur les informations diffusées par Europe 1 ce vendredi, selon lesquelles un témoin interrogé par la gendarmerie assure que Tony Meilhon lui aurait indiqué, le matin du 19 janvier, qu'il avait tué un homme et l'avait découpé pour dissimuler son corps, Xavier Ronsin n'a ni confirmé, ni infirmé. «L'enquête est en cours et donc, sur des éléments qui méritent d'être vérifiés et encore exploités, je n'ai pas de déclaration à faire», a-t-il déclaré.

L'existence de ce témoignage a été confirmé à l'AFP par une source judiciaire ce vendredi mais en soulignant que des versions très contradictoires des faits coexistent dans le dossier à ce stade, ce qui ne permet pas de trancher dans une direction ou une autre. Tony Meilhon, qui a été vu en compagnie de Laetitia à plusieurs reprises dans la soirée du 18 janvier, a affirmé en garde à vue l'avoir tuée accidentellement.

Sorti de prison en février 2010, il a fait l'objet de treize condamnations dont une pour viol sur un co-détenu lorsqu'il était mineur et plusieurs pour violences, menaces de mort, ou vol. Le parquet de Nantes a confirmé jeudi qu'une ex-compagne de Tony Meilhon avait porté plainte contre lui le 26 décembre 2010 pour «menaces de morts» et «relations sexuelles imposées», tandis qu'une amie de celle-ci a aussi porté plainte pour dégradation de véhicule en septembre 2010.

«Quand il était violent, il n'avait plus de limite»

Le quotidien Presse-Océan a en outre révélé vendredi que quatre autres plaintes, confirmées de sources policières, avaient été déposées également en 2010, une par un des frères de Tony Meilhon et trois autres par sa compagne, pour menaces de mort. «On l'avait hébergé à sa sortie de prison, a expliqué la compagne à Presse-Océan. "Mais il était trop possessif. On a eu des problèmes avec lui. Il volait mes clefs pour rentrer chez moi, s'en prenait à mes fréquentations... Pire: un jour, il m'a foncé dessus en voiture alors que j'avais la petite dans les bras. On se cachait pour rentrer chez nous. On vivait dans la peur».

«Parfois c'était une crème. Mais quand il était violent, il n'avait plus de limite», a-t-elle affirmé. «Sa dernière peine (de prison) lui avait retourné le cerveau», selon son frère. «Mon frère est violent oui, mais pas fou», a-t-il assuré en disant «avoir du mal à croire» qu'il ait pu tuer Laëtitia, «sauf s'il avait bu et qu'il a paniqué». «Si Tony a fait ça, il ne dira rien. Mon frère, c'est une tête brûlée, il ne dira rien», a-t-il estimé.