Mediator: Irène Frachon savoure sa revanche à l'Assemblée

SANTE La pneumologue a été entendue par la mission parlementaire ce mercredi...

Vincent Vantighem

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Irène Frachon, entendue par la misson d'information sur le Mediator, à l'Assemblée nationale le 26 janvier 2011.
Irène Frachon, entendue par la misson d'information sur le Mediator, à l'Assemblée nationale le 26 janvier 2011. — AFP PHOTO / FRED DUFOUR

En pénétrant dans l’Assemblée, Irène Frachon n’a pas pu s’empêcher d’esquisser un petit sourire. Plus de dix ans après avoir commencé à s'intéresser au Mediator, la pneumologue de Brest sait bien qu’elle a gagné son combat. Ce mercredi après-midi, c’était la première protagoniste de l’affaire a être entendu par la mission d’information parlementaire. «Je suis très émue d’être devant vous, lance-t-elle d’une voix tremblotante. Il y a eu un procès sur mon livre. J’ai fait l’objet d’intimidations. Et puis, je me suis rendue compte que les médias et les hommes politiques pouvaient être des relais. Des contre-pouvoirs. Que nous ne sommes pas en dictature...»

«Ce sont nos sauveurs!»

Si le Mediator n’avait pas fait entre 500 et 2.000 morts selon les études, ces propos prêteraient presque à sourire. Ce mercredi, ils ont été accueillis dans un silence religieux par la dizaine de députés qui composent la mission. «C’est un honneur de vous recevoir ici», lui a répondu Gérard Bapt, le président. Pendant une heure, la pneumologue n’a pas vraiment fait de nouvelles révélations. Elle a juste détaillé le parcours ahurissant qui l’a conduit à dénoncer les effets de ce médicament. Les visites au bloc ou à la morgue pour «prélever des valves cardiaques». Sa rencontre avec les responsables de Servier qui la prennent de haut. Son rendez-vous à l’Agence de sécurité sanitaire où elle se rend compte que le Mediator a déjà connu dix-sept alertes. «Ce sont nos sauveurs», lâche un député en verve à l'adresse d'Irène Frachon, accompagnée d'un cardiologue et d'une étudiante en pharmarcie.

Mission
Composée de députés de tous les partis, la mission doit entendre les responsables de l’Igas le 3 février prochain et Xavier Bertrand le 15. «On va demander à entendre Servier. Mais je ne suis pas sûr qu’il accepte», confie Gérard Bapt. >> Pour lire son interview, cliquez ici