Disparue de Pornic: Nicolas Sarkozy veut engager une réflexion sur la récidive

JUSTICE Le chef de l'Etat devait réunir ce mercredi après-midi les ministres concernés...

C. F. avec Reuters

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Un fait divers, une loi? Si des députés UMP se sont opposés à ce principe mardi, Nicolas Sarkozy n’en a pas moins demandé qu'une réflexion soit rapidement engagée sur de nouvelles mesures qui permettraient d'éviter la récidive en matière criminelle après la disparition de Laëtitia à Pornic.
 
Le chef de l'Etat devait réunir ce mercredi après-midi les ministres concernés pour évoquer de premières pistes, a indiqué François Baroin, le porte-parole du gouvernement. Ce dernier a confirmé que le chef de l'Etat recevrait la famille de la jeune fille et qu'il souhaitait «une réflexion autour de mesures et de dispositions complémentaires, pas forcément de nature législative (...), pour éviter qu'un tel drame, aussi abominable, puisse se reproduire».

Colère des syndicats

Nicolas Sarkozy était déjà intervenu sur le sujet mardi en déclarant que l'affaire ne pourrait rester sans suite, provoquant la colère des syndicats CGT et FSU de l'administration pénitentiaire. Les premiers estiment que, tenus «à chaud», ces propos «font craindre la recherche urgente d'un bouc émissaire, en dehors de tout discernement et de tout sang-froid». «La CGT pénitentiaire n'acceptera pas qu'un personnel du Spip (Service pénitentiaire d'insertion et de probation) de Nantes soit sanctionné, remis en cause ou harcelé par qui que ce soit».
 
Une enquête a été confiée à l'inspection de l'administration pénitentiaire car le suspect de Loire-Atlantique, Tony Meilhon, sorti de prison après avoir purgé en totalité et sans réduction ses peines, était soumis à une «mise à l'épreuve» de deux ans avec obligation de se soigner et de chercher un travail. On ignore s'il a été convoqué pour vérifier qu'il remplissait ces obligations, mais le service de probation est notoirement surchargé en France.

Le syndicat Snepap-FSU déclare de son côté qu'il «ne peut entendre des accusations qui seraient portées contre les professionnels du service public de la justice, dans un contexte où ces autorités politiques allouent un budget au ministère de la Justice représentant à peine 2,5% du budget de l'Etat».