Habiter un rez-de-chaussée, peut-être une réponse à la crise du logement

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Habiter un rez-de-chaussée, cela peut être chic et pas cher, selon le credo de deux jeunes entrepreneurs, qui ont choisi ce créneau pour se lancer dans l'immobilier.

"Il y a plein d'avantages à habiter un rez-de-chaussée, pas d'ascenseur en panne, on peut avoir un petit jardin, c'est accessible pour les handicapés, on obtient facilement l'autorisation adéquate si l'on veut s'installer en tant que profession libérale", résume Damien Déjardins, co-fondateur du site .

Et les affaires marchent plutôt bien, car la société s'attend à multiplier par 4 en 2011 son chiffre d'affaires de 2010, sa première année pleine d'exercice, au cours de laquelle elle a réalisé une trentaine de ventes.

"Nous nous focalisons sur les clients qui ont impérativement besoin d'un rez-de-chaussée, c'est un marché composé de plusieurs niches, qui mises bout à bout, représentent quand même un certain poids", a-t-il ajouté à l'AFP.

Parmi les clients de l'agence en ligne, figurent en bonne place les personnes âgées, qui ne veulent plus être tributaires d'un ascenseur capricieux. Par ailleurs, habiter un rez-de-chaussée permet de voir passer les gens dans la rue, ce qui donne une certaine animation au quotidien des personnes âgées et seules.

En outre, les charges sont moins élevées pour les copropriétaires en rez-de-chaussée, qui ne payent par celles liées à l'ascenseur. Autre argument avancé : le prix moyen du mètre carré est en moyenne inférieur de 15 à 20% à celui d'un même appartement situé au 2e étage.

Une bonne affaire quand on connaît les prix de l'immobilier qui flambent dans la capitale. Selon les notaires, pour les logements anciens, ils ont augmenté de 20% en 2010 par rapport à l'année précédente, atteignant un record historique d'environ 7.500 euros/m2 en moyenne.

Pour le professeur d'économie à l'université Paris X-Nanterre, Michel Mouillart, spécialisé dans le logement, ce regain d'intérêt pour les rez-de-chaussée montre que "l'on descend de plus en plus bas" dans l'échelle de valeur du logement. "On est revenu au temps du soupirail", a-t-il déclaré à l'AFP.

Du fait de la pénurie des appartements dans Paris, il est de plus en plus difficile de trouver un logement pas cher, avec travaux, qui était la solution de repli pour un candidat à l'achat avec peu de moyens, a ajouté en substance M. Mouillart.

"C'est un peu comme la prime à la casse, toutes les voitures épaves ont disparu et ont été remplacées par des voitures neuves. A Paris, tous les appartements ont été achetés et rénovés par des cadres supérieurs, et c'est mission impossible pour les petits budgets de trouver quelque chose", a-t-il poursuivi.

Bernard Cadeau, président du réseau immobilier Orpi, craint que la pénurie frappant actuellement le marché parisien ne fasse monter le prix des rez-de-chaussée.

A Paris, a-t-il ajouté, "nous sommes dans un marché hors-norme, on est dans l'outrance, c'est le laboratoire de toutes les mauvaises pratiques".

Après le rez-de-chaussée, on passe au sous-sol, avec l'apparition des "souplex" également appelés "duplex inversé".

Jusqu'à présent, il ne s'agit que d'un marché très marginal, voire anecdotique. "Les clients intéressés par des +souplex+ sont souvent des musiciens, voire des professionnels de l'audiovisuel, qui peuvent ainsi exercer leur métier sans nuisance sonore pour les voisins", a conclu M. Déjardins.

  1. www.rez-de-chaussee.com