PS: François Hollande soigne le terreau

POLITIQUE Avec les cantonales, le député PS retrouve «ses» militants...

De notre envoyé spécial à Saint-Etienne, Matthieu Goar

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L'ex-premier secrétaire du PS est le ténor qui joue le plus gros ce printemps.
L'ex-premier secrétaire du PS est le ténor qui joue le plus gros ce printemps. —

François Hollande est partout. En une de Libération et des Inrocks, en hausse dans les sondages, en déplacement en Algérie ou en chauffeur de salle à Saint-Etienne. Comme lundi lors d'un meeting. «C'est rare les matchs nuls à la présidentielle. Au PS, par contre, ça peut arriver», lâche-t-il devant un parterre ravi de la référence au congrès de Reims 2008. «Avec le rire, on peut aussi faire passer quelques émotions», glisse Hollande en coulisses.

Ancrer son retour médiatique

L'homme est en forme. Amaigri et bronzé, l'ex-premier secrétaire du PS (1997-2008) est le ténor qui joue le plus gros ce printemps. Candidat non déclaré aux primaires, le député a un obstacle à franchir avant de se lancer dans la bataille présidentielle: conserver la présidence du conseil général de Corrèze lors des cantonales de mars dont la campagne commence doucement. «Il m'est très difficile de prétendre être candidat à la présidence de la République si je n'arrive pas à convaincre mes propres électeurs de la pertinence de mon action au niveau départemental», explique-t-il.

Un test politique, mais aussi une opportunité qui va lui permettre d'ancrer son retour médiatique dans la terre de Corrèze. Chantre de la «présidence normale», une vision anti-bling-bling, il a déjà été invité à animer des meetings en Moselle, dans le Nord, en Seine-et-Marne, dans le Var... Marginalisé par l'équipe de Martine Aubry, qui a sévèrement critiqué son bilan («C'est le premier secrétaire du temps perdu»), et sans relais dans les arcanes du PS, François Hollande reste très apprécié de la base. «Il a conquis un conseil général à la droite et l'inviter permet de politiser le débat. Et il faut dire qu'il sait y faire avec les militants», détaille Régis Juanico, député et premier secrétaire de la fédération de la Loire, qui l'a convié à ce déplacement. Dans un récent sondage Ipsos pour Le Point, l'ancien premier secrétaire devance même Strauss-Kahn dans le cœur des sympathisants socialistes. Un terreau à labourer.

L'autre solution

Dans la même veine réformiste que Dominique Strauss-Kahn, François Hollande progresse. Devancé par Aubry (32%) et Royal (31%), il arriverait en troisième position des primaires (22%) si DSK ne s'y présentait pas, selon la dernière étude CSA pour 20 Minutes, BFMTV et RMC. Cet obstacle passé, il battrait Nicolas Sarkozy à la présidentielle (55 %-45 %).