Rythmes scolaires: Les Français veulent du changement

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Les principaux syndicats du primaire jugent que ces évaluations sont organisées trop tôt dans l'année et qu'elles ne donneront pas une image réelle des acquis des élèves. Au-delà, ils craignent une mise en concurrence des écoles et une utilisation des résultats pour déprécier le travail des maîtres.
Les principaux syndicats du primaire jugent que ces évaluations sont organisées trop tôt dans l'année et qu'elles ne donneront pas une image réelle des acquis des élèves. Au-delà, ils craignent une mise en concurrence des écoles et une utilisation des résultats pour déprécier le travail des maîtres. — Mychele Daniau AFP/Archives

Les Français veulent du changement sur les rythmes scolaires mais tous les sujets ne font pas consensus, l'intérêt des enfants se heurtant notamment à celui du secteur touristique, selon le prérapport sur les rythmes rendu public ce mardi.

«Etrangement, personne ne nous a dit qu'il ne fallait pas changer», a résumé lors d'une conférence de presse le coprésident du comité de pilotage, Christian Forestier, administrateur général du Cnam. «Sur ce sujet, tous les Français demandent le changement», a ajouté la coprésidente, Odile Quintin, ancienne directrice générale de l'éducation à la Commission européenne.

Des contats, pas de décisions

En outre, «le bien-être de l'enfant et ses apprentissages sont au centre du débat», selon leur rapport, remis au ministre de l'Education Luc Chatel. Mais ceux qui attendaient des avis tranchés en ont été pour leurs frais: après 60 auditions, des débats dans les académies et des échanges sur Internet, ce prérapport n'a dressé que des constats, les propositions devant être l'objet du rapport final prévu pour mai.

«Il ne faut pas prendre le sujet par le petit bout de la lorgnette et le réduire à la semaine de quatre jours ou aux grandes vacances», a insisté Christian Forestier, en appelant à une approche globale qui permette de faire le lien avec les programmes, l'organisation du métier d'enseignant, la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale, les transports ou le tourisme.

«Semaine épuisante à l'école primaire»

Certes, il y a des «constats partagés»: «Journée trop longue et fatigante», «semaine épuisante à l'école primaire», «année scolaire déséquilibrée» avec un «mois de juin inexistant et un «premier trimestre inutilement long». «Les inconvénients» de la semaine de quatre jours en primaire font aussi «l'unanimité» et, à la place, «la grande majorité des organisations entendues (...) se prononcent pour une semaine de quatre jours et demi ou de neuf demi-journées, en se concentrant plutôt sur le mercredi matin».

La modulation du temps d'enseignement journalier selon l'âge (cinq heures en primaire, six heures au collège, sept heures au lycée) fait partie des conclusions «partiellement consensuelles», tout comme le passage des congés de Toussaint «à deux semaines complètes».

La question des vacances d'été plus délicate

Mais d'autres sujets «ne font pas consensus», surtout les autres vacances scolaires. Alors que le rapport défend l'objectif de se rapprocher le plus possible de «l'équilibre sept semaines de travail/deux semaines de repos», bon pour les enfants, «le zonage en février et au printemps est un facteur important de non-respect du 7/2», a déploré Christian Forestier.

Depuis 1989, la France est divisée en trois zones qui n'ont pas ces congés en même temps, ce qui permet notamment en février aux stations de ski de pouvoir accueillir les enfants en âge scolaire quatre semaines d'affilée. En termes diplomatiques, Christian Forestier a d'ailleurs exprimé un certain agacement à l'égard du «syndicat des moniteurs de ski» qui a été auditionné et se montre très attaché à ces quatre semaines.

Des changements en 2013 ou 2014

«Plus d'un enfant sur deux ne part pas en vacances», a-t-il rappelé au titre des inégalités. Les professionnels du tourisme ont en outre exprimé «le voeu unanime» d'un zonage des vacances d'été, pour étaler la saison du 15 juin au 15 septembre. L'Allemagne connaît un tel système, a noté Odile Quintin, car les zonages y sont différents selon les Länder (régions).

Après remise du rapport final, le ministre devra trancher. Les éventuels aménagements de calendrier ne pourront cependant pas entrer en vigueur avant la rentrée 2013, voire celle de 2014.

Et vous, qu'en pensez-vous? Etes-vous d'accord avec les constats de la commission? Dites-le nous ci-dessous...