Une association de lutte contre le mal-logement a sous-loué les locaux d'un squat

LOGEMENT L'association Macaq souhaitait se financer à sa façon...

Julie Rasplus

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Des tentes sont disposées devant le «Ministère de la crise du logement», rue de la banque à Paris, le 29 octobre 2007
Des tentes sont disposées devant le «Ministère de la crise du logement», rue de la banque à Paris, le 29 octobre 2007 — AFP PHOTO / HERMINIE PHILIPPE

Le bâtiment était un des symboles du mal-logement, rebaptisé «Ministère de la crise du logement» par ses trois co-gérants dont le Dal (Droit au logement) et Jeudi Noir. Problème: le troisième gestionnaire, l’association Macaq (Mouvement d’animation culturelle et artistique de quartier), a sous-loué les locaux du célèbre squat parisien du 24, rue de la Banque à une société de production audiovisuelle pendant quatre mois.

Le prix: 1.250 euros par mois pour trois étages. Une pacotille qualifiée de procédé illégal par la ville de Paris mais que l’association justifie en évoquant des frais de gestion trop importants. Selon Libération, l’histoire remonte à l’été 2010. Un ex-occupant de l’immeuble prévient alors le journal que le bâtiment est sous-loué à la société Mandarine Production.

Un «service» illégal

Une manière pour Macaq de «rendre service à des amis», explique à Libération Julien Boucher, le directeur général de l’association. «Eux avaient besoin de locaux à Paris et nous, d’un petit pécule pour continuer à faire vivre l’association», avance-t-il.

Jean-Yves Mano, adjoint chargé au logement à la mairie de Paris, s’étonne. «Quand on se veut défenseur d’un certain nombre d’idéaux, il faut commencer par respecter les termes des textes qu’on signe», fait-il savoir à RTL. En l’occurrence, l’association avait signé un bail précaire, lui interdisant toute sous-location.

Des frais trop importants

Julien Boucher tient sa ligne de défense. Pour lui, il ne s’agit ni plus ni moins d’un moyen comme un autre de financer l’association «au lieu d’aller quémander de l’argent en permanence aux collectivités territoriales», avoue-t-il sur RTL. En effet, les subventions accordées sont jugées peu conséquentes au regard des frais engendrés par le bâtiment. Pour 2010, la subvention municipale était de 10.000 euros, indique Libération... quand la facture d’électricité, eau et entretien atteint 15.000 euros par an.

L’immeuble du 24, rue de la Banque a été occupé dès le 31 décembre 2007 par des associations qui condamnaient le mal-logement et les bureaux laissés vacants. La ville de Paris a procédé au rachat du bâtiment. L’immeuble devrait être bientôt transformé en logements sociaux. Dès que le Dal, qui y a installé son siège, aura déménagé.